Pour une connexion sécurisée, cliquez ici. Si vous vous demandez toujours pourquoi le protocole HTTPS est si important, cliquez ici.

RÉGIONS:

22 décembre 1998

Vol. 07 - 1998 No. 49 (22 décembre 1998)


À L'UNIVERSITÉ DE TORONTO

L'Université de Toronto (Canada) offre deux bourses aux journalistes. L'une de ces bourses s'adresse aux journalistes du Commonwealth, la seconde aux journalistes chinois. Ces bourses permettent de suivre pendant huit mois des cours en journalisme de premier ou de deuxième cycle à l'Université de Toronto, et couvrent frais de scolarité, de nourriture et d'hébergement, ainsi que le transport par avion jusqu'à Toronto. Les deux bourses d'études couvrent la période du 1er septembre 1999 au 30 avril 2000.

DE L'INFORMATION DANS LE PACIFIQUE

Le journaliste australien Sean Dorney a reçu le 14 décembre dernier le prix de la Liberté de l'information dans le Pacifique pour l'année 1998. La remise a eu lieu à l'occasion du congrès annuel de la PINA à Papetee, en Polynésie française. Dorney, depuis longtemps correspondant de l'Australian Broadcasting Corporation (ABC) en Papouasie-Nouvelle-Guinée, a été distingué pour l'excellence de son travail depuis de nombreuses années, et pour ses "efforts constants en vue de donner une information complète, précise et équitable". John Eggins, chef des nouvelles et des affaires publiques du service de télévision nationale de Papouasie-Nouvelle-Guinée, EMTV, a déclaré que Dorney avait donné des reportages qui expliquaient les subtilités de conflits comme la guerre de sécession sur l'île de Bougainville ou la guerre que se livrent dans la jungle les rebelles indépendantistes et les forces armées indonésiennes, à la frontière entre la Papouasie-Nouvelle-Guinée et l'Irian Jaya, sous contrôle indonésien.

LA PLUME D'OR DE LA LIBERTÉ REMISE PAR L'AMJ

Le directeur de publication iranien Faraj Sarkouhi, qui vit en exil après avoir été persécuté sous les régimes du shah et de la république islamique, vient de recevoir la Plume d'Or de la liberté pour 1999. La Plume d'Or est remise chaque année par l'Association mondiale des journaux (AMJ) pour récompenser le travail exceptionnel en faveur de la liberté de la presse. Ancien directeur de la revue culturelle "Adineh", Sarkouhi est la personnalité la plus en vue de l'affrontement qui oppose les intellectuels et le régime iranien sur la question de la liberté de parole. Il a été détenu pendant huit ans sous le règne du shah et, à la suite de la révolution, il a continué à demander une plus grande liberté d'expression. Il figurait parmi les organisateurs en 1994 d'une déclaration signée par plus de cent écrivains iraniens qui demandaient la fin de la censure. En novembre 1996, Sarkouhi a disparu pendant 47 jours, période pendant laquelle il a subi des sévices aux mains des autorités carcérales. Il a été emprisonné de nouveau en 1997, reconnu coupable de diffamation contre l'Iran et condamné à un an de prison au terme d'un procès à huis clos. Il a été remis en liberté en janvier 1998 et vit maintenant en exil en Allemagne.

DES MÉDIAS SONT FERMÉS ET ATTAQUÉS

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et Reporters sans frontières (RSF) rapportent que l'Autorité palestinienne s'est attaquée à des médias et les a fermés. Le 18 décembre, l'Autorité palestinienne a fermé six stations privées de télévision et de radio de Cisjordanie. La police palestinienne a ordonné aux stations de Ramallah et de Bethléem de cesser jusqu'à nouvel ordre toute radiodiffusion. Pour le CPJ, cette mesure "est interprétée généralement comme une tentative des autorités empêcher les reportages sur l'attaque militaire américaine contre l'Irak, qui en était au troisième jour". À Bethléem, les stations Al-Roa TV, Al-Mahid TV et Bethléem TV ont été fermées; à Ramallah, ce sont les stations de télévision Al-Watan TV et Nasser TV et la station de radio "Voix de l'amour et de la paix" qui ont été fermées. Selon un radiodiffuseur, ces fermetures sont la réponse directe à la couverture de questions comme "le sentiment antiaméricain et les manifestations de sympathie des Palestiniens vis-à-vis de l'Irak". D'après l'agence Associated Press, "Al-Watan TV avait diffusé des entrevues avec des personnalités favorables à l'Irak; Nasser TV avait diffusé de la musique patriotique, tandis que la 'Voix de l'amour et de la paix' avait consacré sa programmation du jeudi à un chanteur irakien nationaliste très populaire".

LE JOURNALISTE AMÉRICAIN PHILIP TRUE EST ASSASSINÉ

Selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et Reporters sans frontières (RSF), le correspondant du "San Antonio Express-News" au Mexique, le journaliste américain Philip True, a été retrouvé mort dans des circonstances suspectes au Mexique au début de décembre. D'après le CPJ, "étant donné les circonstances du crime, nous craignons que True ait été assassiné en représailles à ses activités de journaliste". Selon son journal et les membres de sa famille, True a quitté son domicile de Mexico le 28 novembre pour effectuer une tournée de reportage dans les États de Nayarit et de Jalisco, situés dans la Sierra Madre occidentale, qui est une la région accidentée. Après avoir visité la région au début de l'année, True avait transmis un topo à son journal en avril, signalant un important projet auprès des Indiens Huichols. True a été vu vivant pour la dernière fois le 4 décembre dans le village de Chalmotitia.

LE JOURNALISTE NORBERT ZONGO EST TROUVÉ MORT

La mort mystérieuse, le 13 décembre, de Norbert Zongo, directeur de publication de l'hebdomadaire privé "L'Indépendant" au Burkina Faso, a soulevé l'indignation de l'Union des journalistes d'Afrique de l'Ouest (UJAO), de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), de Reporters sans frontières (RSF) et de l'Institut international de la presse (IIP). Zongo aurait été retrouvé mort, à bord de son véhicule, sur la piste qui relie Sapouy à Ouagadougou. Le journaliste était accompagné de son frère, de son chauffeur et d'une autre personne. Zongo avait déjà reçu des menaces de mort; il avait publié récemment des articles critiquant le pouvoir et accusant le frère du Président, Blaise Compaoré, d'avoir une responsabilité dans la mort de son chauffeur. Les quatre personnes auraient été brûlées vives à l'intérieur du véhicule, bien que l'extérieur du véhicule fût resté intact. Autre indice de mort suspecte : on a constaté dans la portière arrière la présence de trous qui pourraient avoir été causés par une arme à feu.

DANS LE MONDE EN 1998, UNE SITUATION QUE DÉNONCENT LA FIJ ET L'IIP

Selon la Fédération internationale des journalistes (FIJ) et l'Institut international de la presse (IIP), le nombre des journalistes et des artisans des médias assassinés en 1998 en raison de leur travail pourrait atteindre la cinquantaine. La FIJ et l'IIP rapportent en effet qu'au moins 30 journalistes et un artisan des médias ont été tués pour des motifs liés directement à l'exercice de leur profession; les deux organisations fournissent en outre des précisions sur 19 autres cas faisant l'objet d'une enquête. La FIJ et l'IIP dénoncent ces assassinats et demandent aux gouvernements d'assumer leurs responsabilités, de faire enquête et de poursuivre les auteurs de ces crimes.


Replacer dans leur contexte les questions de libre expression.

Inscrivez-vous et recevez IFEX En Contexte.

Dernier Tweet :

Shots fired at home of senior leader of #Pakistani journalists' union http://t.co/wu3Wmf9sDX | @IFJGlobal