13 juin 2000
Vol. 09 - 2000 No. 23 (13 juin 2000)
International
Les Journalistes canadiens pour la liberté dâexpression (CJFE) invitent les particuliers à proposer des journalistes ou des entreprises de presse en vue de lâattribution des Prix internationaux de la Liberté de la presse du CJFE. La date limite des mises en nomination est le 17 juillet 2000. Le CJFE offre deux récompenses internationales à des journalistes du Canada ou de lâétranger âqui sont persécutés et dont le travail ne bénéficie de la reconnaissance dâaucune autre grande récompense du monde des médiasâ. Ces récompenses, qui seront décernées à un banquet cet automne à Toronto, consistent en une somme dâenviron 1 350 $ US. Lâan dernier, ce sont les journalistes Mark Chavunduka et Raymond Choto du Zimbabwe, Zafaryab Ahmed du Pakistan et Jesús Barraza Zavala du Mexique qui ont reçu les Prix internationaux de la Liberté de la presse.
Vietnam
La persécution constante du biologiste et dissident vietnamien Ha Sy Phu a été accueillie par un tollé de protestations de la part dâéléments de la communauté internationale, de militants vietnamiens des droits de la personne vivant en exil et de militants dans le pays même. Selon Human Rights Watch (HRW) et les Journalistes canadiens pour la liberté dâexpression (CJFE), Ha est assigné à résidence depuis le 12 mai et est passible dâune peine pouvant aller de sept ans de réclusion à la peine capitale sâil est reconnu coupable de trahison pour avoir participé à la rédaction dâun appel public à une plus grande démocratie. Ha est biologiste, ancien vice-directeur de lâInstitut des sciences du Vietnam et membre dâun groupe dâintellectuels dissidents. Il est depuis longtemps la cible des attaques du gouvernement. Il est surtout connu à cause de son travail de défense et de promotion de la démocratie et de critique du gouvernement. Ha a été arrêté pour la première fois et emprisonné sans procès en décembre 1995 pour âavoir révélé des secrets dâÃtatâ après avoir été trouvé âen possession dâune lettre du premier ministre de lâépoque, Vo Van Kiet adressée au Politburo, dans laquelle ce dernier demandait des réformes politiques et économiquesâ. Il a été condamné en août 1996 à un an de prison. Depuis sa remise en liberté, en 1997, il vit assigné à résidence; il a subi plusieurs descentes de police chez lui et les autorités lui ont confisqué son ordinateur et dâautres effets personnels.
Paraguay
Lâétat dâurgence proclamé le 19 mai à la suite de la tentative de coup dâÃtat de lâancien général Lino Oviedo ne devrait limiter dâaucune façon la liberté dâexpression, affirment le âSindicato de Periodistas del Paraguayâ (Syndicat des journalistes du Paraguay, SPP) et Reporters sans frontières (RSF). Le SPP, tout en condamnant la tentative de putsch, maintient fermement que âni de tels risques ni aucune autre raison de force ne peuvent justifier la restriction de la liberté dâexpressionâ. à la suite de la proclamation de lâétat dâurgence, deux stations de radio ont été fermées et trois employés des médias ont été arrêtés, signale RSF. Certains des employés des médias qui ont été visés ont été accusés dâêtre des partisans dâOviedo. Quels que soient lâaffiliation politique ou le caractère éthique des pratiques journalistiques, toutefois, le SPP maintient âquâil nây a pas de crimes de droit commun dans le domaine de la presse, et que nul ne peut être condamné à cause de ses opinions ou empêché dâexercer son droit à la liberté dâexpressionâ.
Colombie
Les agressions contre les journalistes se poursuivent et prennent de lâampleur en Colombie, et les associations internationales de journalistes devraient âcréer un centre permanent dâobservation chargé de surveiller les violations de la liberté de la presseâ dans le pays. Telle est la déclaration du journaliste colombien Francisco Santos Calderon lors de la cérémonie dâouverture de lâassemblée annuelle de lâAssociation mondiale des journaux (AMJ) à Rio de Janeiro, au Brésil. Sept journalistes ayant été assassinés dans le pays en 1999 et quatre déjà cette année, âla Colombie a besoin de cette solidarité dâaction... avant quâil ne soit trop tardâ, de dire Santos, qui vit maintenant en exil. Santos est militant de la paix et rédacteur en chef de âEl Tiempoâ; il a dû prendre le chemin de lâexil au début de lâannée après avoir appris lâexistence dâun complot en vue de lâassassiner, indique lâAMJ. Un centre international dâobservation qui se chargerait de surveiller les violations commises contre les médias devrait être efficace parce que âceux qui sâattaquent aux journalistes sont sensibles aux répercussions internationales de leurs gestesâ, a fait remarquer Santos. Le centre serait doté dâun bureau permanent en Colombie et ferait enquête sur chaque cas de violation rapporté, a-t-il soutenu.
Sri Lanka
Le gouvernement du Sri Lanka a abrogé récemment les restrictions de censure imposées aux médias étrangers présents dans le pays, mai il maintient celles qui visent les médias locaux. Ce sont âles lois les plus répressives jamais promulguées dans le paysâ, déclarent le groupe Free Media Movement (FMM), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et Reporters sans frontières (RSF). En plus de la proclamation de lâétat dâurgence, les règles de censure ont âentraîné la paralysie du processus démocratique dans le paysâ, affirment les signataires de la protestation conjointe dont lâinitiative revient au FMM. La déclaration, signée par plus de 40 partis politiques, syndicats et groupes divers de la société civile, presse en outre le gouvernement dâabroger immédiatement la réglementation dâurgence et de ârétablir la normalité dans la vie des citoyens ordinairesâ.