29 août 2000
Vol. 09 - 2000 No. 34 (29 août 2000)
International
Des femmes journalistes du Burundi, du Kirghizistan et du Royaume-Uni ont reçu les prix du Courage en journalisme, décernés par la Fondation internationale des femmes Åuvrant dans les médias (IWMF). Ces récompenses honorent des femmes qui ont risqué âleur vie et leurs moyens dâexistence dans leur quête dâintégrité journalistiqueâ, et pour leur apport à la liberté de la presse, partout dans le monde. La journaliste Agnès Nindoréra, de âStudio Ijamboâ, au Burundi, fait des reportages sur la guerre civile au Burundi pour lâAgence France-Presse et âLa Voix de lâAmériqueâ. Pour sa part, Zamira Sydykova, rédactrice en chef du journal indépendant âRes Publicaâ au Kirghizistan, a subi des mesures de harcèlement et a été incarcérée pour avoir publié des reportages critiques sur le gouvernement. Quant à Marie Colvin, reporter au âSunday Timesâ de Londres, au Royaume-Uni, elle a risqué sa vie cette année pour ses courageux reportages sur les conflits au Kosovo, au Timor oriental et en Tchétchénie. âCes trois journalistes ont mis leur vie en danger pour que les lecteurs, les téléspectateurs et les auditeurs du monde entier soient mieux informés, plus avertis et moins vulnérables à la complaisanceâ, dit lâIWMF.
International
La période de mise en nomination en vue de lâattribution du prix de la Fondation Martin-Ennals pour lâannée 2000, décerné aux défenseurs des droits de la personne, est maintenant ouverte. Créée en 1993, la récompense est attribuée chaque année à une personne qui a âfait preuve dâune détermination exceptionnelle à combattre les violations des droits de la personne, par des moyens courageux et innovateursâ. Le prix, qui se compose dâune somme dâenviron 11 600 $ US, doit servir à faire progresser la défense des droits de la personne, et vise à âencourager les défenseurs des droits de la personne qui ont besoin de protectionâ. La Fondation Martin-Ennals est le fruit dâun effort de collaboration entre des organisations internationales non gouvernementales de défense des droits de la personne, à savoir Aministie Internationale, ARTICLE 19, Defence for Children International, HURIDOCS, Human Rights Watch (HRW), Human Rights Desk, Diaconia Allemagne, International Alert, la Commission internationale de juristes (CIJ), la Fédération internationale des droits de lâHomme (FIDH) et lâOrganisation mondiale contre la torture (OMCT).
Liberia
LâInstitut des médias dâAfrique australe (MISA) et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) rapportent que les autorités libériennes ont relâché quatre journalistes de la chaîne de télévision britannique âChannel Fourâ, qui avaient été détenus pendant une semaine sur des accusations dâespionnage. Les journalistes Sorious Samura, de la Sierra Leone, Gugulakhe Radebe, dâAfrique du Sud, ainsi que David Barrie et Timothy John Lambon, du Royaume-Uni, avaient été arrêtés le 18 août et accusés dâespionnage parce quâils avaient lâintention de tourner un documentaire âpréjudiciable et injurieuxâ pour le pays. Pendant trois semaines, les journalistes avaient filmé et interviewé pour un documentaire destiné à la télévision. Selon le CPJ, lâéquipe avait demandé une entrevue au président Charles Taylor, âfortement soupçonné dâapprovisionner en armes et en support logistique les forces rebelles de la Sierra Leone, en échange de diamantsâ. Selon le MISA, le président Taylor a déclaré en entrevue que les quatre journalistes avaient été relâchés après âsâêtre excusésâ auprès de la population.
Laos
Des pressions économiques et la dissidence politique, tant de lâintérieur que de lâextérieur du pays, pourraient obliger à des réformes gouvernementales, déclare Bertil Lintner dans âIrrawaddyâ (vol. 8, no 6, juin 2000). Il sâagit dâune publication du groupe de presse âIrrawaddy Publishing Groupâ, autrefois connu sous le nom de âBurma Publishing Groupâ. De plus en plus, des groupes à lâintérieur du Laos défient ouvertement lâautoritarisme du régime actuel. Le 26 octobre 1999, le gouvernement a réagi rapidement pour écraser une manifestation en faveur de la démocratie, organisée par des enseignants à Vientiane, la première du genre depuis vingt-cinq ans que le régime est au pouvoir, dit Lintner. Les manifestants exigeaient âune réforme politique, la libération de tous les prisonniers politiques et le retour au gouvernement de coalition de 1974, qui incluait des communistes aussi bien que des éléments neutresâ, rapporte âIrrawaddyâ. Les autorités ont fait suivre les manifestations de séminaires politiques, où les participants ont dû passer en revue la doctrine du parti communiste. En outre, les dirigeants des communautés locales ont rassemblé des jeunes gens pour leur déconseiller les messages et les idées des contre-révolutionnaires.
Thaïlande
Onze associations de journalistes, dont lâAssociation des journalistes thaïlandais (TJA), protestent contre la création dâune nouvelle commission de réglementation de la radiodiffusion, dont les journalistes sont exclus. Selon ces groupes, les propriétaires et les exploitants des médias ont noyauté la commission mise sur pied par le gouvernement et ne représentent ni ne défendent les intérêts des journalistes. Après des décennies de contrôle gouvernemental sur la radio et la télévision, le changement apporté par la réforme constitutionnelle de 1997 a été bien accueilli, dit le TJA, parce quâil âouvrait la porte à la participation du public à lâindustrie de la radiodiffusionâ. Cette législation âhistoriqueâ a été adoptée aux termes de la Constitution, ce qui a conduit à la création de la Commission nationale de la radiodiffusion (NBC), âorganisme indépendant chargé dâattribuer les fréquences et de réglementer les ondesâ.
Azerbaïdjan
Le Syndicat des journalistes dâAzerbaïdjan (JuHI) rapporte que des membres des principaux médias indépendants et dâopposition ont tenu une grève de trois jours, du 24 au 26 août, pour dénoncer âla poursuite des violences commanditées par lâÃtat contre les journalistes et les médias libresâ dans le pays. Le JuHI lance un appel international aux défenseurs de la liberté dâexpression pour quâils se joignent à la campagne en faveur de la liberté de la presse en Azerbaïdjan. Les travailleurs des médias en grève ont également protesté contre lâarrestation, le 22 août, de Rauf Arifoglu, rédacteur en chef du quotidien dâopposition âYeni Musavatâ. Arifoglu a été arrêté parce que la police aurait trouvé une arme à feu à son appartement. Les collègues du journaliste affirment que lâarme a été cachée par la police puis trouvée, et que lâarrestation âest une tentative des autorités pour discréditer les journalistes dâopposition en les accusant de crimes quâils nâont pas commisâ. Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) rapporte que Arifoglu a été interrogé le 21 août en rapport avec le détournement dâun avion par un membre du parti Musavat. Le pirate lui avait téléphoné pour quâil publie une liste de demandes.