17 juillet 2001

ET À DES MESURES DE LA PART DES SOCIÉTÉS COMMANDITAIRES


Le Comité International Olympique (CIO) a choisi Pékin pour tenir les Jeux Olympiques de 2008, malgré le bilan controversé de la Chine au chapitre des droits de la personne. En réaction à cette décision, Reporters sans frontières (RSF) demande le boycottage international des Jeux de Pékin de 2008, tandis que Human Rights Watch (HRW) enjoint les commanditaires commerciaux de faire des Jeux un facteur de changement en Chine.

RSF, qui a organisé une campagne contre la candidature olympique de Pékin, a exprimé toute sa déception devant la décision de confier l’organisation des Jeux à la capitale chinoise en dépit "de la gravité des atteintes aux droits de l’homme en Chine". Le vote du 13 juillet est "une victoire pour les autorités chinoises et pour les entreprises à la conquête du marché chinois, mais un coup dur pour les millions de Chinois victimes de la répression d’un régime qui exécute, torture et emprisonne massivement les opposants et les défenseurs des libertés individuelles", dit RSF. L’organisation demande de boycotter les Jeux d’été de Pékin "tant que la situation des droits de l’Homme en Chine n’aura pas évolué de manière significative".

Le matin de la décision du CIO à Moscou, la police anti-émeute a arrêté quatorze personnes, dont deux représentants de RSF, qui protestaient contre la candidature de Pékin. Les manifestants tentaient de déployer une banderole devant le Palais des congrès où se réunissait le CIO, rapporte RSF. Un moine tibétain et plusieurs des défenseurs russes des droits de la personne figuraient parmi les personnes arrêtées. Deux jours plus tôt, le 11, les policiers anti-émeute de Moscou avaient arrêté six exilés tibétains qui tentaient de dérouler une banderole qui représentait les cinq anneaux olympiques sous forme d'impacts de balles. Un photographe russe de l’agence Associated Press qui couvrait l’événement, Maxim Marmur, a également été arrêté. Les arrestations "donnent une idée de ce que pourrait être le climat des Jeux de 2008 en Chine", dit RSF, qui fait aussi remarquer que le président du CIO, Juan Antonio Samaranch, n’a pris la peine de répondre à aucune de ses lettres de ces dernières semaines, dans lesquelles l’organisation attirait son attention sur la situation des droits de la personne en Chine.

Entre-temps, HRW affirme que le choix de Pékin comme ville hôtesse des Jeux impose un lourd fardeau au CIO et aux sociétés commanditaires pour faire des Olympiques un facteur de changement en Chine. "Le CIO n’a même pas essayé d’obtenir des garanties sur la question des droits de la personne", dit HRW. "Si des violations ont lieu pendant la phase préparatoire des Jeux, ce ne seront pas seulement les autorités chinoises qui feront mauvaise figure, mais aussi le CIO et les sociétés commanditaires, qui feront figure de complices." Selon HRW, le défi maintenant consiste à faire en sorte que la Chine respecte les engagements qu’elle a pris avant d’être désignée, d’empêcher les violations liées directement aux Jeux et d’utiliser les Jeux pour améliorer les droits de la personne au cours des sept prochaines années. HRW rappelle que lors d’une conférence de presse le 12 juillet à Moscou, des représentants du gouvernement chinois ont promis que les journalistes pourraient faire des reportages sur n’importe quel sujet, partout en Chine, avant et pendant les Jeux.

HRW estime que les sociétés commerciales pourraient jouer un rôle utile de diverses façons. L’organisation invite notamment les entreprises informatiques, de télécommunications et de presse à "travailler pour que prenne fin le contrôle de la presse et du contenu de l’Internet et à promouvoir la complète liberté d’expression". Les entreprises de construction, dit HRW, devraient aussi s’assurer que le gouvernement chinois n’impose pas de restrictions aux journalistes qui visiteront les chantiers et les aires de réinstallation des populations, et les sociétés de radiodiffusion assurant la couverture des Jeux devraient éviter de "peindre en rose" les restrictions des droits en Chine. "Nous ne pouvons prédire de quoi la Chine aura l’air en 2008, dit HRW, mais nous savons pertinemment que les Jeux par eux-mêmes ne rendront pas la Chine moins répressive. [...] Pour défendre les droits de la personne, il faut que le secteur privé prenne des engagements." Pour de plus amples renseignements, voir www.rsf.fr et www.hrw.org.




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