17 juillet 2001

QUI RISQUAIT LA MORT S?IL ÉTAIT EXTRADÉ


Les autorités russes ont relâché le journaliste tadjik et militant d’opposition Dododjon Atovulloev, plutôt que de l’extrader au Tadjikistan, où sa vie aurait pu être en danger. La Fondation pour la défense de la glasnost (GDF), Reporters sans frontières (RSF), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et les Journalistes canadiens pour la liberté d’expression (CJFE) rapportent qu’Atovulloev, éditeur du journal "Tcharogy Ruz", a été arrêté le 5 juillet à l’aéroport Cheremetievo de Moscou. Selon le CPJ, Atovulloev, qui arrivait d’Allemagne et se rendait en Ouzbékistan, a été arrêté à la demande des autorités tadjikes. Les autorités russes l’ont relâché le 12 juillet et lui ont permis de retourner en Allemagne, où il vit en exil avec sa famille, indique le CPJ.

La vie du journaliste aurait été en danger au Tadjikistan, où il a été "condamné à mort non officiellement", dit la GDF. Le 6 juillet, dans une déclaration conjointe exigeant la remise en liberté d’Atovulloev, RSF et la Fondation de Hambourg pour les personnes persécutées pour motifs politiques affirmaient que "des gens puissants au Tadjikistan veulent faire taire Atovulloev à cause de ses fréquentes dénonciations, dans le passé, des dirigeants tadjiks, qui sont mêlés à des affaires de corruption ou de trafic de drogue, ou qui appuient les milices armées islamiques dans les États voisins du Kirghizistan et de l’Ouzbékistan". En avril dernier, rappelle le CPJ, les autorités tadjikes l’avaient accusé d’avoir injurié le président Imomali Rakhmonov, d’avoir soutenu le renversement par la force de l’ordre constitutionnel et d’avoir incité à la haine ethnique, raciale et religieuse. Le CPJ ajoute que si la Russie avait donné suite à la demande d’extradition, Atovulloev aurait pu être poursuivi en vertu des lois pénales du Tadjikistan, très rigoureuses en matière de diffamation, en plus des menaces de violence.

"Ce sont toutes les pressions des médias et les pressions internationales qui ont conduit à ma remise en liberté", a déclaré Atovulloev au CPJ. "C’est une grande victoire pour les journalistes de toute la région post-soviétique." Pour plus de renseignements, consulter www.cpj.org et www.rsf.fr.




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