4 juillet 2004

LA « GUERRE AU TERRORISME » LIMITE LA LIBRE EXPRESSION SUR L’INTERNET - DOSSIER


Plus de deux ans après les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, la lutte contre le terrorisme a compromis la libre expression sur Internet, ce qui a mené à une surveillance plus stricte des échanges sur Internet, tant dans les pays démocratiques que sous les régimes autoritaires, apprend-on dans une nouvelle étude mondiale réalisée par Reporters sans frontières (RSF).

« L'Internet sous surveillance » suit de près la situation de la liberté sur Internet dans plus de 60 pays et constate que les droits des utilisateurs de l'Internet et des journalistes en ligne sont substantiellement restreints depuis le 11 septembre. « Les démocraties ont peu à peu rogné les libertés individuelles de leurs citoyens » au nom du renforcement de la sécurité nationale, et ont adopté des lois qui accordent aux gouvernements des pouvoirs étendus pour espionner les utilisateurs de l'Internet et détenir les personnes soupçonnées de terrorisme, dit RSF. Les États-Unis et la France battent la marche dans l'adoption de lois antiterroristes.

Toutefois, les régimes autoritaires ont compris le message et se servent eux aussi de la sécurité nationale comme prétexte pour réprimer encore plus les dissidents politiques et les journalistes et écrivains indépendants, fait remarquer RSF. Il suffit qu'un dictateur se targue de collaborer au combat contre le terrorisme pour que les yeux de la communauté internationale se ferment sur les arrestations abusives de cyberdissidents et les censures de sites, dit le groupe.

Par ailleurs, un nombre croissant de gouvernements ont recours à des technologies sophistiquées pour refuser à leurs citoyens l'accès à l'information sur l'Internet. La Chine a installé sur Internet des filtres qui empêchent les utilisateurs du moteur de recherche Google de trouver des données sur des sujets controversés comme les droits de la personne. En Ouzbékistan, les autorités ont recours à des « miroirs modifiés ». Il s'agit de versions manipulées de sites web controversés, qui ressemblent au site authentique mais qui contiennent des données modifiées.

De tous les pays couverts dans le rapport, la Chine demeure le premier pays du monde pour le nombre d'utilisateurs de l'Internet en prison. Soixante-trois d'entre eux sont actuellement incarcérés. Avec sept cyberdissidents en prison, le Vietnam arrive au deuxième rang, suivi des îles Maldives, qui en comptent trois et de l'Arabie saoudite, avec deux.

RSF a lancé 26 pétitions sur son site web pour demander la libération des cyberdissidents incarcérés dans le monde. Pour signer les pétitions, aller à :
http://www.rsf.org/rubrique.php3?id_rubrique=22
Lire le rapport complet à :
http://www.rsf.org/rubrique.php3?id_rubrique=432


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