23 septembre 2005
RÉPRESSION « MASSIVE » EN COURS POUR CAMOUFLER UN MASSACRE
Human Rights Watch demande l'Union européenne à suspendre ses liens avec l'Ouzbékistan, affirmant détenir de forts éléments de preuve que les autorités ouzbèkes procèdent à une répression massive afin de camoufler la vérité sur la tuerie de centaines de manifestants civils survenue à Andijan en mai dernier.
Le rapport de 73 pages présente de nombreux témoignages de première main d'une campagne brutale menée par la police pour forcer les gens à « avouer » qu'ils appartiennent à des organisations religieuses extrémistes, que les manifestations de protestation à Andijan se sont déroulées dans la violence et que les manifestants étaient armés.
Intitulé « La vérité enterrée : L'Ouzbékistan réécrit l'histoire du massacre d'Andijan » [Burying the Truth: Uzbekistan Rewrites the Story of the Andijan Massacre], le document présente une revue détaillée de la persécution implacable des défenseurs des droits de la personne, des journalistes indépendants et des militants politiques qui tentent de dire la vérité sur ce qui s'est vraiment passé le 13 mai 2005.
Au moins onze militants ont été incarcérés, au moins quinze autres ont été contraints de fuir le pays et beaucoup d'autres militants de la société civile ont été forcés d'abandonner leur travail, dit Human Rights Watch.
À Tachkent, ont commencé les procès des personnes accusées d'être les instigateurs des manifestations à Andijan. La poursuite devrait imputer à des « terroristes » nourrissant un projet islamique les centaines de morts du square central d'Andijan.
Selon Human Rights Watch, l'Union européenne devrait suspendre son entente de partenariat et de coopération avec l'Ouzbékistan, soulignant qu'elle ne peut plus faire des affaires avec un pays qui viole les modalités de l'entente. Le Conseil « Affaires générales et relations extérieures » de l'Union européenne se réunit le 3 octobre et devrait prendre une décision.
Human Rights Watch s'est joint à Amnistie Internationale pour réitérer sa demande d'une enquête internationale indépendante sur le massacre. Amnistie vient en outre de publier un rapport sur les événements d'Andijan (http://web.amnesty.org/library/Index/ENGEUR620222005).
Depuis le massacre d'Andijan, le gouvernement ouzbek a contrecarré de façon répétée les efforts internationaux pour mettre sur pied une enquête indépendante. Il a empêché plusieurs organisations non gouvernementales étrangères de travailler dans le pays, dont la Fondation George-Soros et Internews, une organisation qui a formé des journalistes ouzbeks à couvrir des questions comme les droits de la personne.
Lire le dossier de Human Rights Watch :
http://hrw.org/reports/2005/uzbekistan0905/Consulter les sites suivants :
- Dossier de Human Rights Watch sur le massacre d'Andijan :
http://hrw.org/reports/2005/uzbekistan0605/- RSF :
http://www.rsf.org/article.php3?id_article=15108- Dossier du CPJ sur la fermeture du bureau d'Internews :
http://www.cpj.org/news/2005/Uzbek05aug05na.html- Rapport sur la liberté de la presse en Ouzbékistan :
http://www.cpj.org/attacks04/europe04/uzbek.html- Rapport de l'OSCE sur Andijan :
http://www1.osce.org/documents/rfm/2005/03/15195_en.pdf- Entente EU de partenariat et de coopération de l'UE :
http://tinyurl.com/8dudm- L'ancien ambassadeur de Grande-Bretagne dénonce le piètre dossier de l'Ouzbékistan en matière de droits de la personne :
http://tinyurl.com/7wbjv- International Crisis Group :
http://www.crisisgroup.org/home/index.cfm?l=1&id=1256