27 juillet 2011

Communiqué de l'IFEX, Vol 20, No 30


NOTE DE LA RÉDACTION : Il n'y aura pas de « Communiqué de l’IFEX » la semaine prochaine en raison d’un congé férié au Canada. Nous serons de retour le 10 août 2011.

Équateur

Les critiques du Président Correa vont en prison pour diffamation et sont condamnés à des millions en amendes

Le Président Correa de l’Équateur punit les critiques par une amende de 40 millions $US Par une décision rendue le 20 juillet, un juge équatorien a condamné un journaliste et trois cadres supérieurs d’un journal à trois ans de prison et à une amende de 40 millions de dollars pour avoir publié une chronique qui remettait en question l’ à-propos d’un raid de l’armée destiné à sauver le Président Rafael Correa d’une manifestation de policiers en grève. La condamnation au criminel des critiques de Correa représente un coup majeur porté à la liberté de la presse, qui viole les obligations internationales de l’Équateur en matière de droits de la personne, indiquent la Fondation andine pour l’observation et l’étude des médias (Andean Foundation for Media Observation & Study, Fundamedios), la Société interaméricaine de la presse (SIP) et d’autres groupes membres de l’IFEX.

Malawi

Des journalistes sont arrêtés et attaqués, les médias sont censurés

De graves pénuries de pétrole, la hausse des prix et un chômage élevé ont provoqué deux jours de manifestations de protestation au Malawi la semaine dernière - l’une des plus importantes manifestations anti-gouvernementales de l’Afrique sub-saharienne à se produire en 2011. Au moins 18 personnes ont été tuées et des dizaines d’autres ont été blessées dans des affrontements entre la police anti-émeute et les manifestants. Plusieurs reporters ont été passés à tabac et détenus par la police, tandis que le gouvernement interdisait aux stations de radio de couvrir les événements, selon ce que rapportent l’Institut des médias d’Afrique australe (Media Institute of Southern Africa, MISA), Reporters sans frontières (RSF), Human Rights Watch et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

Gambie

Des activistes et des journalistes critiques sont détenus sous le coup d’« accusations bidons »

Tandis que le Président de la Gambie Yahya Jammeh célébrait le 17e anniversaire de son accession au pouvoir, le 22 juillet, sept militants et journalistes étaient inculpés de trahison et de sédition pour avoir distribué des t-shirts sur lesquels figurait le slogan, « Coalition pour le changement - Gambie : La dictature doit cesser maintenant ». La Fondation pour les médias en Afrique de l’Ouest (MFWA), d’autres groupes membres de l’IFEX et des groupes de défense des droits tirent la sonnette d’alarme face au recours à des lois antidémocratiques pour punir les journalistes et les critiques du gouvernement et devant la répression de la liberté de parole dans le pays.

Égypte

Les dirigeants militaires ignorent le pluralisme

Le feld-maréchal Hussein Tantawi, chef du conseil militaire d’Égypte, actuellement au pouvoir Les dirigeants militaires de l’Égypte viennent d’infliger un cinglant revers à la libre expression et à la liberté des médias. Ils ont en effet annoncé l’imposition de limites à la participation des organisations de la société civile; ils s’attaquent aux sources de financement des ONG, interdisent la surveillance internationale des élections et ont rétabli le Ministère de l’Information, selon ce que rapportent le Réseau arabe d’information sur les droits de la personne (Arab Network for Human Rights Information, ANHRI), l’Institut du Caire pour les études sur les droits de la personne (Cairo Institute for Human Rights Studies, CIHRS) et d’autres groupes membres de l’IFEX. Frustrés de l’absence de progrès de la justice sociale et des libertés civiles, des milliers de manifestants ont défilé encore une fois les 23 et 24 juillet au square Tahrir du Caire.

Mexique

Une journaliste d’expérience est assassinée

La Société interaméricaine de la presse (SIP), ARTICLE 19 et d’autres groupes membres de l’IFEX rapportent la découverte, le 26 juillet à Veracruz, du cadavre décapité de la journaliste mexicaine Yolanda Ordaz de la Cruz. Journaliste depuis plus de 20 ans, Ordaz de la Cruz couvrait la scène judiciaire et les questions de sécurité. Les membres de l’IFEX demandent au procureur public de faire enquête sur cette affaire et de mettre en place des mécanismes pour protéger ses collègues.

Afghanistan

Un projet afghan donne une voix aux écrivaines

Les femmes poètes et les écrivaines d’Afghanistan se sont donné une voix internationale grâce au Projet d’écriture des femmes afghanes (Afghan Women’s Writing Project, AWWP), apprend-on dans le dernier numéro du magazine « Sampsonia Way », parrainé par le groupe sans but lucratif City of Asylum/Pittsburgh. Au moyen d’une série d’ateliers d’écriture en ligne menés à distance par des écrivains américains, des femmes afghanes sont en mesure de publier leur vécu sous forme de poèmes, d’essais et de commentaires publiés sur le site web de l’AWWP.
 
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