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Le plan d'un Observatoire panafricain des médias échoue

Lors d'une réunion la semaine dernière à Addis Abeba, en Éthiopie, la Commission de l'Union africaine (CUA) et la Commission européenne (CE) ont annoncé qu'elles avaient abandonné leur intention de créer un Observatoire panafricain des médias (OPAM) en raison de l'opposition de la communauté des médias et d'organisations africaines et internationales - dont un certain nombre de groupes membres de l'IFEX, selon ce que rapporte le groupe Media Rights Agenda (MRA).

La réunion était organisée par la CUA et la CE pour consulter divers intervenants et experts au sujet de l'OPAM, qui avait été proposé en 2009 conjointement par les deux commissions afin de servir de médiateur dans les litiges au sein des médias et de renforcer les normes professionnelles et les codes de conduite pour les médias. Mais le projet ne tenait pas compte de la réalité de la brutale répression de la presse par les États, car il avait été conçu pour donner aux dirigeants africains le contrôle de l'environnement médiatique, rapporte le MRA.

Le MRA et d'autres groupes membres de l'IFEX présents à la réunion, dont le Syndicat national des journalistes somaliens (National Union of Somali Journalists, NUSOJ), l'Institut des médias d'Afrique australe (Media Institute of Southern Africa, MISA), le Centre pour l'étude des médias et l'édification de la paix (Center for Media Studies and Peace Building, CEMESP), la Fédération internationale des journalistes (FIJ), l'Association mondiale des journaux et des éditeurs de nouvelles (AMJ-IFRA) et ARTICLE 19, ont rejeté les présentations du projet d'OPAM.

Les participants à la réunion ont fait valoir que les plans de l'observatoire proposé ne tenaient pas compte du rôle que jouent les dirigeants africains dans les violations de la liberté de la presse, et qu'ils n'offraient aucune stratégie en vue de combattre les agressions contre la presse. La CUA et la CE n'avaient pas envisagé plusieurs mécanismes qui existent déjà pour favoriser l'expansion des médias et la promotion de la libre expression.

Les participants ont également recommandé que l'UA devrait concentrer ses efforts sur le renforcement du mandat du Rapporteur spécial pour la liberté d'expression et l'accès à l'information en Afrique, y compris pour la liberté et l'expansion des médias. Les membres de la réunion ont également appelé les dirigeants africains à respecter la Déclaration de Windhoek de 1991 sur la promotion d'une presse indépendante et pluraliste.

Le NUSOJ a invité l'UA à encourager les États membres à éviter l'ingérence gouvernementale dans le travail des médias. Chaque gouvernement doit aussi élaborer une politique nationale sur les médias, comprenant des programmes de formation et d'acculturation aux médias afin de rehausser les normes du journalisme et de promouvoir une plus grande compréhension du rôle des médias en démocratie.

Le Forum mondial pour le développement des médias (FMDM) prie la CUA et la CE de voir dans l'expansion des médias « un secteur distinct de développement ».

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