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Attentats contre deux journalistes : RSF dénonce une justice à deux vitesses


(RSF/IFEX) - Le 15 mars 2003, la police a arrêté un quatrième suspect dans le meurtre de Tigran Naghdalian, président du Conseil de la télévision publique, assassiné le 28 décembre 2002 à Erevan. Par ailleurs, Mark Grigorian, journaliste d'investigation, correspondant à Erevan de RSF et vice-directeur de l'Institut du Caucase pour les mass media, a reçu un courrier émanant du parquet général daté du 24 février, lui signifiant que le dossier sur l'attentat dont il a été victime en octobre avait été temporairement clos, les quatre mois suivant les faits étant écoulés sans qu'aucun suspect ait été identifié. RSF prend bonne note des moyens déployés par la justice arménienne pour identifier les responsables de l'assassinat de Naghdalian, un proche du président Robert Kotcharian, mais s'étonne de la lenteur de cette même justice dans le cas de Grigorian.


"Le fait que tous les moyens aient été mis en oeuvre pour élucider le meurtre de Tigran Naghdalian, un proche soutien du président Kotcharian, démontre que l'avancée d'une enquête de ce type repose avant tout sur une volonté politique. Nous nous étonnons cependant que, cinq mois après les faits, aucun progrès n'ait été fait dans l'identification de suspects et de mobiles dans l'attentat qui a failli coûter la vie au journaliste Mark Grigorian. Cet état de fait ne peut que laisser penser que la volonté politique fait défaut dans cette deuxième affaire", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de RSF, dans un courrier adressé à Aram Tahmazian, procureur général. "Nous vous demandons de relancer l'enquête sur l'agression de Mark Grigorian et d'y employer autant d'énergie que pour l'élucidation de l'assassinat de Tigran Naghdalian", a ajouté Ménard.

Le 28 décembre, Naghdalian, 36 ans, président du Conseil de la télévision publique, auteur et présentateur de l'émission d'analyse politique "Orakarg", a été abattu par un inconnu devant le domicile de ses parents à Erevan. Transporté d'urgence à l'hôpital, le journaliste était décédé une heure et demie plus tard. Le jour même, le président Kotcharian avait convoqué une réunion d'urgence avec des responsables de la sécurité pour accélérer l'enquête sur le meurtre. Il était un proche soutien du président Kotcharian et un personnage clé de la télévision publique depuis 1998.

Le 15 mars, la police a arrêté Armen Sarkisian, homme d'affaire et frère d'Aram Sarkisian, ancien Premier ministre et candidat d'opposition à l'élection présidentielle de février, pour complicité dans l'assassinat de Naghdalian. Le 14 mars, Ovanes Arutyunian, un cousin éloigné d'Aram Sarkisian, a été arrêté pour avoir commandité le meurtre. Le 11 mars, ont également été arrêtés Levon Arutyunian (aucun lien de parenté ne lie les suspects) et Gegam Shakhbazarian. Le premier est accusé d'avoir, lui aussi, commandité l'assassinat et le second d'être le chef du groupe qui aurait mené à bien l'exécution du journaliste. Le 10 mars, en pleine contestation des résultats électoraux, le parquet général avait déclaré dans un communiqué avoir élucidé le meurtre de Naghdalian. Aram Sarkisian avait alors dénoncé une tentative officielle de l'impliquer dans cette affaire.

Dans la nuit du 22 octobre, Grigorian a été attaqué à la grenade dans une rue de la capitale et grièvement blessé. Le journaliste avait attribué cet acte à des personnes hostiles à une enquête qu'il préparait sur un attentat sanglant perpétré contre le parlement arménien il y a trois ans. Grigorian avait déclaré que la grenade était "clairement dirigée contre lui" et qu'elle avait "explosé sous ses pieds". Le journaliste souffrait de multiples blessures au poumon droit, à l'abdomen et aux jambes. D'après Grigorian, il était de notoriété publique qu'il travaillait sur une enquête consacrée au troisième anniversaire de l'attentat perpétré par un commando contre le parlement arménien le 27 octobre 1999. Une attaque qui avait fait huit morts parmi les principaux leaders politiques du pays, dont le chef du gouvernement, Vazguen Sarkissian, et le président du Parlement, Karen Demirtchian.


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