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Le cabinet du premier ministre ordonne le blocage du nom de domaine d'un site parodique

(RSF/IFEX) - Le cabinet du Premier ministre australien, John Howard, serait intervenu directement pour faire fermer un site Internet, http://www.Johnhowardpm.org, sur lequel un commentateur politique, Richard Neville, avait publié un faux discours du chef du gouvernement concernant la présence de ses troupes en Irak. Cette mesure a été prise par l'intermédiaire de la société qui administrait le nom de domaine du site, Melbourne IT, et a abouti à la fermeture complète de la publication le 14 mars 2006.

Reporters sans frontières est choquée par le procédé utilisé pour censurer cette publication. "Le pastiche est un art pratiqué aux dépends de tous les leaders de la planète. Le Premier ministre australien devrait s'en accommoder, plutôt que de l'interdire. Surtout, un site Internet ne devrait pouvoir être fermé qu'à la suite d'une procédure judicaire, et non par une simple décision administrative. Ce type de censure est inacceptable de la part d'un Etat démocratique. Nous tenons à rappeler que les responsables de sites disposent des mêmes droits que les dirigeants de médias traditionnels", a déclaré l'organisation.

Le site johnhowardpm.org reprenait le design du site officiel et publiait de faux discours. Sa fermeture aurait été justifiée par un défaut d'enregistrement auprès de Melbourne IT. Reporters sans frontières a toutefois pu vérifier que johnhowardpm.org est bien enregistré au nom de R. Neville, et qu'il est donc parfaitement valide.

Melbourne IT aurait bloqué le nom de domaine sur demande, par e-mail, d'un membre du cabinet du Premier ministre. Johnhowardpm.org est désormais redirigé vers le site personnel de Richard Neville, sur lequel est d'ailleurs disponible le discours pastiche sur la guerre en Irak.

Richard Neville n'a reçu aucun document officiel lui notifiant la fermeture de sa publication. Indigné, il a déclaré à Reporters sans frontières : "Je trouve que fermer un site, c'est comme brûler un journal, sauf que c'est fait avec un gant de velours. Si on avait censuré un quotidien de cette façon, il y aurait des gens dans la rue". Selon lui, bien que le site ne soit resté en ligne que 36 heures, il avait déjà reçu plus de 10 000 visites.

Reporters sans frontières a déjà dénoncé d'autres affaires dans lesquelles des pressions étaient exercées contre des gestionnaires de nom de domaine pour censurer un site. Ainsi, en décembre dernier, le gouvernement Kazakh s'était arrangé pour que le site de l'humoriste anglais Ali G perde le droit d'utiliser son nom de domaine en .kz. Voir:
http://www.rsf.org/article.php3?id_article=15918

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