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RAPPORT CAPSULE: Ce que le prochain chef du gouvernement devra faire pour améliorer la situation de la liberté de la presse, selon RSF

(RSF/IFEX) - Ci-dessous, un communiqué de RSF:

"Ce que le prochain chef du gouvernement devra faire pour améliorer la situation de la liberté de la presse", selon Reporters sans frontières

A la veille des élections législatives en Australie, Reporters sans frontières appelle le prochain chef du gouvernement à prendre des engagements en faveur d'une amélioration de la situation de la liberté de la presse. L'organisation préconise:

1. L'adoption d'une loi sur la protection du secret des sources: Au cours des derniers mois, plusieurs journalistes ont fait l'objet de procédures judiciaires leur demandant de révéler leurs sources. En juin 2007, deux journalistes de Perth ont été menacés de peines de prison s'ils ne révélaient pas comment ils avaient obtenu un rapport confidentiel d'une commission anticorruption. Leur journal, The West Australian, avait mis en cause un homme politique. Reporters sans frontières rappelle que la protection du secret des sources est un pilier absolu de la liberté de la presse.

2. La lutte contre l'impunité dans l'affaire des cinq journalistes de Balibo: Au vu des conclusions de l'enquête sur la mort de Brian Peters, il est urgent que le gouvernement mette tout en oeuvre pour que la justice australienne, avec l'aide des services de police internationaux, puisse juger les assassins et leurs commanditaires. L'enquête a fait la lumière sur les différents aspects de ce quintuple crime, plus de trente ans après les faits. Il est maintenant temps que justice soit rendue.

3. La libéralisation des lois sur l'accès à l'information: Le dernier rapport de la coalition de médias, Australia's Right to Know, a montré que de nombreuses informations n'étaient pas accessibles à la presse et au public. Reporters sans frontières demande au prochain gouvernement de faire preuve de plus de transparence et de faciliter l'accès à l'information. Selon Australia's Right to Know, au moins 1500 décrets et décisions de justice entravent ce droit.

Reporters sans frontières prend acte des promesses électorales du leader du Parti travailliste, Kevin Rudd, qui s'est engagé à améliorer la législation sur l'accès à l'information, en imposant notamment le principe du privilège aux journalistes. Pour autant, certains gouvernements de provinces dirigées par des travaillistes n'ont pas fait preuve d'un grand respect de ce principe. C'est notamment le cas dans le Queensland et Victoria.

De son côté, la coalition libérale-nationale n'a pas pris d'engagements précis, mais le ministre de la Justice, Phillip Ruddock, a commandé une enquête sur l'accès à l'information dont les conclusions seront rendues publiques en décembre 2008. L'organisation rappelle que les recommandations du rapport de la Commission sur la réforme de la loi en Australie, publié il y a onze ans, n'ont jamais été prises en compte par le gouvernement.

4. La protection du travail journalistique dans le cadre de la loi sur la vie privée: Reporters sans frontières est préoccupée par certaines conclusions de la Commission australienne de réforme de la loi qui a recommandé, mi-septembre, de mieux protéger la vie privée. Les citoyens pourraient porter plainte contre les médias sans avoir tenté d'obtenir un arbitrage du Conseil de la presse.

Reporters sans frontières est, bien entendu, attachée à la protection de la vie privée, mais cela ne doit pas empêcher les journalistes de travailler et de communiquer des informations sur des personnalités publiques.

5. La révision de certaines dispositions des lois antiterroristes et de la loi sur les interceptions des télécommunications: Reporters sans frontières considère que certains articles de la Loi sur les télécommunications et des lois antiterroristes menacent la confidentialité des sources des journalistes.

Les procédures prévues notamment pour les écoutes téléphoniques peuvent mettre en danger l'indépendance de la presse lorsqu'elle souhaite couvrir des affaires de terrorisme et de crime organisé. Par ailleurs, certaines peines prévues par les lois antiterroristes sont tout simplement scandaleuses. Quiconque, notamment un journaliste, serait entré en contact avec une personne suspectée de terrorisme, risque jusqu'à cinq ans de prison. Les journalistes enquêtant sur ces affaires peuvent être arrêtés par la police, notamment quand ils rendent publics des noms de suspects. Selon la loi, les reporters n'auront pas le droit de refuser de révéler leurs sources dans des affaires de terrorisme. Et les forces de l'ordre pourront perquisitionner les médias à la recherche de preuves. Enfin, l'Australian Anti-Terrorism Act 2005 punit de peines de prison le délit de "subversion". A propos de ce texte, un ancien Premier ministre australien, Malcolm Fraser, avait déclaré: "Nous assistons à un retour en arrière de plusieurs siècles en matière de droits de l'homme."

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