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Les idées démocratiques sont interdites; les blogueurs sont punis

Un tribunal azerbaïdjanais a condamné le 11 novembre deux blogueurs à la prison, dans un jugement motivé politiquement qui visait à censurer de jeunes activistes critiques à l'égard du gouvernement, selon ce que rapportent l'Institut pour la liberté et la sûreté des reporters (Institute for Reporters' Freedom and Safety, IRFS) et d'autres membres de l'IFEX. Ces condamnations envoient un message clair sur ce que coûte le débat démocratique en Azerbaïdjan.

Emin Milli, 30 ans, a été condamné à deux ans et demi de prison; pour sa part, Adnan Hajizade, 26 ans, a été condamné à deux ans de prison. Les jeunes blogueurs ont été reconnus coupables de hooliganisme et d'avoir infligé des lésions corporelles à deux hommes qu'ils auraient attaqués en juillet, selon ce que rapportent les membres de l'IFEX.

En fait, Milli et Hajizade ont été attaqués le 8 juillet par des étrangers dans un restaurant de Bakou. Les défendeurs se sont rendus voir la police pour déposer une plainte sur l'agression, mais au lieu de recevoir des soins médicaux, ils ont été interrogés et inculpés.

Le procès était une farce, marquée par des accusations fabriquées de toutes pièces, les audiences ont été menées à huis clos, par l'incapacité à inculper et à détenir les véritables assaillants et par des incohérences dans la présentation des faits, dit Reporters sans frontières (RSF). Zadeh doit subir une intervention chirurgicale pour corriger des troubles respiratoires résultant des coups qu'ils a reçus pendant l'agression. Milli a déclaré à RSF que « c'est un honneur pour moi d'être pénalisé à cause de mes idéaux. » Les blogueurs ont l'intention d'interjeter appel.

Avant leur arrestation en juillet, Milli et Hajizade avaient affiché des saynètes satiriques sur vidéo qui critiquaient les politiques du gouvernement et certaines questions sociales. Ils avaient aussi interviewé des résidents locaux et partageaient leurs réponses en ligne, sur YouTube, Facebook et Twitter, selon ce que rapporte le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Leurs blogues soulevaient des questions sur l'éducation, la corruption et la mauvaise infrastructure en Azerbaïdjan.

« Il existe depuis longtemps un modèle établi en vertu duquel des officiels d'Azerbaïdjan déposent des accusations bidon contre des journalistes pour les punir de leurs critiques ou de leurs commentaires satiriques », dit Human Rights Watch.

L'IRFS qualifie le verdict du juge d'outil destiné à empêcher d'autres voix alternatives de critiquer le gouvernement par l'entremise des nouveaux médias à l'approche des élections municipales de 2009 et des élections parlementaires de 2010.

Des limites très strictes sont imposées aux reportages indépendants à la télévision et dans la presse d'Azerbaïdjan, ce qui explique pourquoi les médias en ligne constituent un important espace de discussion, dit Freedom House. « Faire un exemple de Emin Milli et d'Adnan Hajizade envoie un message terrible concernant l'étendue de la liberté d'expression en Azerbaïdjan; cela donne à penser que les autorités croient qu'elles peuvent agir en toute impunité. Les arrestations mettent en lumière le sort des citoyens ordinaires azerbaïdjanais, qui endurent des injustices quotidiennes dans un système où le gouvernement exerce un pouvoir sans partage. »

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