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Le réseautage social appelle à protester; des activistes sont détenus

Manifestants de l’opposition à Bakou le 12 mars
Manifestants de l’opposition à Bakou le 12 mars
Plusieurs centaines de manifestants azerbaïdjanais sont descendus dans les rues dans la capitale, Bakou, la semaine dernière, déterminés à exiger le respect de leurs droits après avoir observé les soulèvements au Moyen-Orient. Ils demandaient la démission du Président Ilham Aliyev. L'Institut pour la liberté et la sûreté des reporters (Institute for Reporters Freedom and Safety, IRFS) et d'autres groupes membres de l'IFEX rapportent que les autorités ont arrêté des activistes qui invitaient leurs concitoyens à protester contre les politiques et la corruption gouvernementales, qu'elles ont détenu de nombreux manifestants et évincé de leurs bureaux plusieurs organisations non gouvernementales.

Ces dernières semaines, les autorités ont arrêté au moins cinq activistes des médias sociaux et de l'opposition politique sur la foi d'accusations montées de toutes pièces de possession de drogue, de vandalisme et d'insoumission - dans l'espoir d'écraser les rassemblements, selon ce que rapporte Human Rights Watch. Les activistes avaient eu recours à Facebook et à d'autres médias sociaux pour appeler la jeunesse à protester le 11 mars et à participer à une manifestation des partis de l'opposition le 12 mars.

Dans une action conjointe, les membres de l'IFEX associés au Groupe international de partenariat pour l'Azerbaïdjan (International Partnership Group for Azerbaijan) - ARTICLE 19, Reporters sans frontières (RSF), Freedom House et Index on Censorship - ont invité les autorités à relâcher cinq jeunes activistes détenus.

Le blogueur et militant d'un mouvement de jeunes Bakhtiyar Hajiyev, 29 ans, et Dayanat Babayev, 21 ans, membre du Comité Jeunesse du parti du Front populaire, d'opposition, figuraient parmi les personnes arrêtées dans les jours qui ont précédé la tenue des manifestations. Hajiyev s'est servi des médias sociaux pour promouvoir les manifestations et, en tant qu'ancien candidat à l'élection parlementaire de 2010, avait prononcé des discours critiques des autorités. Il a été retenu en garde à vue pendant un mois en attente de procès et rapporte avoir été gravement tabassé et menacé de viol par la police. Babayev est un usager actif de Facebook et du réseautage social qui se montre extrêmement critique du gouvernement dans ses propos sur Internet, mais a lancé des appels à des manifestations non violentes. Il a été condamné à 10 jours de détention.

Au moins 32 personnes ont été arrêtées tandis qu'elles traversaient des parcs publics ou qu'elles circulaient à proximité de l'université locale ou même lorsqu'elles étaient attablées à des cafés, alors qu'elles se rendaient participer aux manifestations le 11 mars. Le 12 mars, l'opposition politique a tenté de tenir un rassemblement mais des centaines de policiers ont envahi les lieux et ont agressé et détenu des manifestants. Des policiers, en uniforme et en civil, ont arrêté des manifestants et les ont jetés dans des autobus, disent les dépêches. Pendant deux jours, la police de Bakou a ramassé 100 personnes; la plupart d'entre elles ont été relâchées après quelques heures de détention.

La plupart des détenus se sont vu refuser tout accès à un avocat de leur choix, et tous ont été retenus sur la base de chefs d'inculpation bidons de nature criminelle et administrative. Le 14 mars, les tribunaux azerbaïdjanais ont condamné au moins 30 manifestants à des peines variant de cinq à huit jours de prison à l'issue de procès à huis clos tenus en pleine nuit. Des membres de l'IRFS ont eux aussi été détenus et interrogés.

Dans le cadre de ses efforts incessants pour faire taire les critiques, le 10 mars, le ministère de la Justice a fermé la Maison des droits de la personne d'Azerbaïdjan (Azerbaijan Human Rights House, AHRH), une organisation non gouvernementale qui est venue en aide aux groupes locaux par des revendications internationales en faveur des droits de la personne dans le pays. En janvier, le groupe s'est rendu à Strasbourg pour parler devant l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe de la dégradation de la situation des droits de la personne en Azerbaïdjan.

Dans la ville de Ganja, le 4 mars, trois autres organisations non gouvernementales ont reçu d'officiels et d'employés de la police l'ordre de quitter leurs bureaux : le bureau régional du Centre de surveillance électorale et de formation à la démocratie (Election Monitoring and Democracy Training Center), l'Union publique Demos (Demos Public Union) et le Centre régional d'information de Ganja (Ganja Regional Information Center). Ces trois ONG basées à Ganja sont connues pour « dénoncer et combattre les conditions sociales / politiques négatives, et pour encourager les gens à exprimer librement leurs opinions », dit l'IRFS.

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