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Des journalistes sont attaqués; la liberté des médias se détériore

Le président Morales vient d’être réélu; la liberté de la presse est en déclin.
Le président Morales vient d’être réélu; la liberté de la presse est en déclin.
La liberté de la presse se détériore en Bolivie depuis l'arrivée au pouvoir du président Evo Morales, en 2005; ses insultes aux médias sont souvent suivies de supporters qui agressent des journalistes, affirme l'Institut international de la presse (IIP). La réélection de Morales, le 6 décembre, signifie que les critiques de l'opposition et les journalistes vont continuer à subir des menaces, rapporte l'IIP.

Le 26 novembre, deux journalistes ont été « tirés par les cheveux » par la police, « battus et enfermés dans une cellule pendant trois heures », rapporte l'Instituto Prensa y Sociedad (IPYS).

Shirley Flores et Karen Paola Rueda, productrices d'émissions de nouvelles au réseau de télévision PAT, attendaient dans leur voiture à l'extérieur du domicile d'une personne victime d'enlèvement lorsqu'elles ont été agressées par des policiers d'une escouade d'élite, rapporte l'IPYS.

Plus tard, le 29 novembre, une autre journaliste de télévision de la chaîne PAT, Paola Mallea, a été enlevée par deux inconnus, enfermée pendant au moins neuf heures, puis abandonnée en bordure de la ville de Santa Cruz, où elle habite, rapporte l'IIP. Le 27 novembre, un homme s'est approché de Maella et lui a demandé si elle travaillait pour PAT. Lorsqu'elle a répondu que c'était en effet la cas, l'homme a tenté de la frapper au visage avec un couteau. Maella enquêtait sur l'attaque de la police contre ses collègues Flores et Rueda.

« Le gouvernement doit enquêter sur les causes de cet enlèvement », a déclaré à l'IIP Juan Javier Zeballos, directeur général de l'Association nationale de la presse (Asociación Nacional de Prensa, ANP). « Il est extrêmement suspect qu'une journaliste qui couvre une agression de la police soit attaquée, puis enlevée. »

En réponse à une question de l'IIP au sujet des conséquences des élections, Zeballos a ajouté : « Le gouvernement ne comprend pas, ou ne veut pas comprendre, que le travail fondamental des médias est de surveiller les pouvoirs de l'État. »

D'après le directeur de l'ANP, le gouvernement se sert des médias d'État pour attaquer les médias privés et voit dans les médias indépendants des porte-parole de l'opposition, qu'il faut écraser. Les personnes qui travaillent dans les médias d'État sont également attaquées par les groupes politiques d'opposition.

Morales accuse les médias d'être l'« ennemi » et son attitude de plus en plus autoritaire crée un climat d'autocensure, dit l'IIP. Le gouvernement a entrepris des procédures judiciaires contre un journal qui a publié un reportage critique à l'égard de l'État émanant d'une organisation paysanne. Un autre journal a retiré le même reportage avant publication, par crainte de représailles.

Sous la gouverne de Morales, l'ANP a recensé, depuis août 2007, 123 agressions physiques contre des journalistes, huit attentats à la bombe contre des biens appartenant à des médias, 20 cas de journalistes retenus en otages, et un meurtre. Dans cette culture naissante de l'impunité, les auteurs de ces agressions et attentats n'ont pas été traduits devant les tribunaux.

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