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Le nombre des violations des droits explose à l'approche d'une élection historique

Les reporters ne sont pas autorisés à photographier ou à filmer les bureaux de scrutin
Les reporters ne sont pas autorisés à photographier ou à filmer les bureaux de scrutin

Mizzima News

Le 7 novembre, le peuple birman se rendra aux urnes dans tout le pays pour la première fois en 20 ans. Mais les partis politiques en lice ont rarement été vus ou entendus dans les médias d'État. Les sites web indépendants sont déjà censurés, et les journalistes étrangers ne seront pas autorisés à couvrir le spectacle. Trente-trois membres de l'IFEX, dont Mizzima News et l'Alliance de la presse de l'Asie du Sud Est (Southeast Asian Press Alliance, SEAPA), exercent des pressions auprès des gouvernements de l'Association des nations de l'Asie du Sud-est (ANASE) qui se sont réunis cette semaine à Hanoï pour faire pression sur la Birmanie afin qu'elle respecte la libre expression - élément essentiel pour que les élections soient crédibles, disent-ils.

Les membres de l'IFEX ont réitéré la nécessité d'un processus électoral plus inclusif, participatif et transparent. Selon Mizzima et la SEAPA, cependant, les violations des droits par la junte au pouvoir se sont multipliées en Birmanie à l'approche du scrutin.

Les candidats par exemple n'ont pas eu un accès égal aux médias pour exprimer leurs programmes. Le Parti démocratique (Myanmar), l'Union de la Politique nationale de la Fédération du Myanmar et la Jeunesse étudiante de la Génération de 88 (Union du Myanmar) se sont vu refuser l'accès aux médias contrôlés par l'État en raison de messages de campagne « impropres ». D'autres partis se sont plaints que leurs émissions ou leurs articles ont été censurés.

Au milieu de cette lourde censure, les médias indépendants locaux ont pu exercer une relative équité dans la couverture menant à l'élection, dit Mizzima. Mais aucun média n'a été autorisé à publier ou à radiodiffuser des nouvelles électorales susceptibles de « miner l'État ».

La restriction s'applique aux reportages sur les élections générales de 1990, que la Ligue nationale pour la démocratie (LND) d'Aung San Suu Kyi a remportées dans un raz de marée. La junte a refusé d'en reconnaître les résultats et a enfermé Suu Kyi dans une prison ou l'a mise en résidence surveillée pendant quinze des vingt et une dernières années. Le mandat de résidence surveillée en vertu duquel elle est tenue à l'écart prend fin le 13 novembre. La LND a dénoncé l'élection qu'elle juge inéquitable et antidémocratique, et la boycotte, ce qui prive la course d'une forte opposition.

Les journalistes étrangers se sont également vu refuser tout accès. Selon la Commission électorale, il n'était pas nécessaire d'accorder des visas aux reporters étrangers parce qu'il y a déjà des reporters locaux dans le pays qui travaillent pour des médias étrangers. Les 33 membres de l'IFEX demandent aux pays de l'ANASE de faire pression auprès des autorités birmanes pour qu'elles permettent aux médias et aux observateurs internationaux d'entrer en Birmanie.

Le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon, qui a lui aussi profité de la réunion de l'ANASE pour prendre contact avec les autorités birmanes, a déclaré que « cette élection est essentiellement une imposture. Nous demandons depuis longtemps la libération d'Aung San Suu Kyi et de laisser s'exprimer une opposition légitime en Birmanie, et nous voulons que la communauté internationale exerce autant de pressions que faire se peut auprès du régime qui ne respecte toujours rien de ce qui peut ressembler à la démocratie ou à une élection convenablement ouverte. »

La répression de la liberté d'expression est particulièrement dure pour les médias en ligne. Mizzima, le magazine « The Irrawaddy », basé en Thaïlande et la « Voix démocratique de Birmanie », basée à Oslo, se sont fait pirater leur site web, qui ont été fermés partout, de plusieurs heures à plusieurs jours le mois dernier. Les usagers de l'Internet abonnés au fournisseur de service « Bagan Net » se font couper fréquemment leur connexion.

Un rédacteur d'un quotidien a déclaré à Mizzima : « je pense que plus nous approchons du jour de l'élection, plus les connections seront coupées souvent… les gens pensent que la junte le fait délibérément. »

Entre autres violations, le site web Assistance Association for Political Prisoners (Burma) (Association d'aide aux prisonniers politiques - Birmanie) basé en Thaïlande, recense près de 2 200 prisonniers politiques dans diverses prisons à travers la Birmanie, dont le rédacteur en chef de la revue d'informations « Kandarawaddy », Nyi Nyi Tun, à qui on a infligé une peine de 13 ans de prison au début d'octobre. Notons que l'Index de la liberté de la presse, que vient tout juste de rendre public Reporters sans frontières, classe la Birmanie au 174ème rang sur 178 pays.

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