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Le jeune blogueur emprisonné Nay Phone Latt parvient à envoyer des poèmes depuis sa cellule

(RSF/IFEX) - A l'approche des élections générales du 7 novembre 2010 en Birmanie, Reporters sans frontières demande au gouvernement de faire un geste en libérant le jeune blogueur Nay Phone Latt et tous les prisonniers d'opinion afin que ceux-ci puissent participer au scrutin.

Depuis sa prison, Nay Phone Latt, qui ne bénéficie pas des soins qui sont nécessaires à ses problèmes de santé, continue cependant son combat pour la liberté d'expression. Reporters sans frontières a obtenu une série de poèmes émouvants, écrits par le blogueur. Dans une allégorie du net-citoyen, Nay Phone Latt écrit notamment qu'une "guitare aux cordes détendues, ne pouvant jouer aucune mélodie pour donner un sens à cet instrument, reste silencieuse, se dresse doucement, et attend". A propos de la liberté d'expression dans son pays, il évoque également un "journal", "nostalgique et en deuil de cette écriture (birmane) arrondie".

Nay Phone Latt, blogueur ( http://www.nayphonelatt.net/ ), propriétaire de trois cybercafés à Rangoon, a été condamné, le 10 novembre 2008, à vingt ans et six mois de prison pour avoir témoigné sur son blog de la difficulté des jeunes Birmans à s'exprimer librement, notamment depuis les manifestations de l'automne 2007. Nay Phone Latt a été condamné à des peines cumulables de deux ans pour violation de l'article 505 (b) du code pénal qui punit la "diffamation de l'Etat", trois ans et six mois pour violation de l'article 32 (b) du Video Act et enfin quinze ans de prison pour violation de l'article 33 (a) de l'Electronic Act, parce qu'il possédait une vidéo interdite par le régime. Sa peine a été réduite à 12 ans de prison en appel.

Selon les sources de Reporters sans frontières, les parents de Nay Phone Latt auraient pu rencontrer leur fils le 7 octobre. Le jeune blogueur aurait été privé de promenade pendant 5 mois, et serait resté confiné dans sa cellule. Il serait actuellement dans une prison au sud-est du pays, avec 10 autres prisonniers politiques.

Reporters sans frontières avait décerné un prix à Nay Phone Latt, le 4 décembre 2008. L'organisation classe la Birmanie parmi les "ennemis d'Internet". Le pays se place 174e (sur 178) dans le rapport mondial sur la liberté de la presse publié par Reporters sans frontières le 20 octobre 2010.

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