RÉGIONS:

Un directeur de publication menacé pour ses enquêtes sur la corruption

(RSF/IFEX) - Le président camerounais, Paul Biya, doit dénoncer publiquement la campagne d'intimidation que subit actuellement Jules Koum Koum, directeur de publication de l'hebdomadaire "Le Jeune Observateur", basé à Douala (Sud-Ouest), et correspondant de Reporters sans frontières au Cameroun.

"Depuis plusieurs semaines, ce journaliste respecté se distingue par ses enquêtes fouillées et documentées dénonçant la corruption d'un certain nombre de personnalités camerounaises. Par son travail, il contribue à l'opération de salubrité publique dite 'Epervier', encouragée par Paul Biya lui-même. Nous demandons à tous les partenaires internationaux du Cameroun, à travers la délégation européenne et les ambassades, de soutenir Jules Koum Koum, à la fois pour le protéger, mais aussi pour encourager le travail des journalistes en faveur de la lutte contre la corruption", a déclaré l'organisation.

Dans la nuit du 25 au 26 septembre 2009, vers 2 heures du matin, plusieurs individus ont essayé de pénétrer dans le domicile de Jules Koum Koum. Alerté par le bruit, ce dernier est parvenu à alerter le voisinage et ainsi à faire fuir les malfaiteurs.

Trois semaines auparavant, dans la nuit du 1er au 2 septembre, plusieurs hommes armés ont fait irruption à son domicile et ont emporté une serviette contenant des documents de travail ainsi que des objets personnels. Reporters sans frontières avait alors écrit au délégué général à la Sûreté nationale, Emmanuel Edou, pour lui demander de bien vouloir s'assurer que la sécurité de Jules Koum Koum et de sa famille était garantie.

Depuis le 27 septembre, la messagerie électronique de Jules Koum Koum et de son journal est piratée. "Mon mot de passe a été modifié à mon insu, de telle sorte que je ne puisse plus accéder à mon courrier", confie-t-il. Un spam, en anglais, a été envoyé à plusieurs reprises à l'ensemble de ses contacts. En outre, ses deux téléphones sont mis sur écoutes, a appris Reporters sans frontières auprès de sources locales concordantes.
Ecouter Jules Koum Koum raconter l'incident du 1er septembre

Dernier Tweet :

Gov’ts have the real power to reduce #impunity. Read more from @AnnieGame here: http://t.co/rO65mtFlnu #EndImpunity