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À la veille des élections, les membres de l'IFEX font état de répression dans les médias

Pendant la semaine qui a précédé les élections nationales au Cameroun, Reporters sans frontières (RSF) a mené une mission de défense de la liberté de la presse qui a conclu que les lois du pays sur les médias et la participation démocratique avaient besoin d'un sérieux redressement. La Fédération internationale des journalistes (FIJ), par ailleurs, rapporte la détention et l'agression de journalistes la veille même du jour du scrutin.

La mission s'est déroulée du 26 septembre jusqu'au jour de l'élection, le 2 octobre. D'après les dépêches, les élections sont largement entachées par d'importantes difficultés, notamment par le fait que des individus auraient voté plus d'une fois. Le Président Paul Biya, au pouvoir depuis 30 ans, sollicite un autre mandat de sept ans et devrait être déclaré vainqueur lorsque seront rendus publics les résultats lundi. Mais les dirigeants de l'opposition exigent que la Cour suprême annule le vote, selon ce que rapporte l'AFP.

« La couverture médiatique de la campagne tente d'être équilibrée, mais la campagne elle-même ne l'est pas », dit RSF, qui a constaté l'absence d'affiches ou de rassemblements de l'opposition. La délégation a en outre entendu par des journalistes que le Président Biya n'invitait à couvrir sa campagne que les médias publics qui lui étaient favorables, à l'exclusion des médias privés. RSF déplore e outre que la faiblesse des salaires chez les journalistes en conduisait certains à recourir au chantage et aux pots-de-vin.

En plus de s'être entretenue avec des journalistes, la délégation de RSF a rencontré la ministre des Communications, Issa Tchiroma Bakary, afin d'encourager le Cameroun à dépénaliser la diffamation et à mettre à jour sa législation sur les médias, qui n'a pas été revue depuis quinze ans, pour y inclure des dispositions sur les médias en ligne, donner aux journalistes de l'autonomie par rapport aux volontés des personnalités politiques et protéger l'accès à l'information et la confidentialité des sources, notamment.

Des rapports de la FIJ et de son partenaire africain, la Fédération des journalistes africains (FJA) éclaircissent encore davantage la répression de la presse et de la vie démocratique au Cameroun. Ces organisations rapportent que cinq journalistes ont été brutalisés et que leur équipement a été détruit par la police lorsqu'ils ont tenté de couvrir une manifestation séparatiste de Camerounais du Sud dans la ville de Buea, située dans le sud-ouest du pays, la toute veille de l'élection.

Trois journalistes qui travaillent pour le journal « The Post » ont été détenus, et un autre rédacteur du « Post », Bouddih Adams, a été détenu pendant une brève période, rapportent la FIJ et la FJA. Adams est en outre secrétaire administratif de la FIJ et de l'affilié de la FJA, le Syndicat national des journalistes du Cameroun.

D'après la Voix de l'Amérique, plus de 40 manifestants de langue anglaise, qui veulent l'autonomie par rapport à la majorité de langue française du Cameroun, ont été détenus pendant la marche pacifique, que la police a qualifiée de « non autorisée ».

Le 6 octobre, la FJA a désigné le Cameroun, entre autres pays d'Afrique, comme endroit où « les journalistes affrontent une double crise de sécurité, sécurité physique et sécurité juridique ». La FJA a lancé un appel au bras juridique de l'Union africaine, le Parlement panafricain (PAP), pour faire cesser l'impunité des crimes commis contre les journalistes à travers tout le continent, et pour protéger les journalistes par la voie législative.

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