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RÉGIONS:

Dix mois de prison pour un journaliste accusé de diffamation

(RSF/IFEX) - Le 27 janvier 2012 - Reporters sans frontières est consternée par la condamnation à dix mois de prison ferme, prononcée le 26 janvier 2012, contre Ferdinand Samba, directeur du quotidien Le Démocrate. Le journaliste est accusé de "diffamation" à l'encontre du ministre d'Etat aux Finances et au Budget, le lieutenant-colonel Sylvain Ndoutingaï, neveu du président Bozizé.

Il doit en outre payer dix millions de francs CFA (15 000 euros) de dommages et intérêts à M. Ndoutingaï et un million de francs CFA (1 500 euros) d'amende. La parution du journal Le Démocrate est suspendue pour une durée d'un an.

"Comment est-il possible qu'un journaliste soit condamné à de la prison ferme en République centrafricaine alors que la loi de 2005 sur les médias dépénalise les délits de presse ? Cette décision est incompréhensible. Nous déplorons une 'justice au service des puissants', sourde aux appels des professionnels du secteur en faveur de sanctions plus adaptées et moins injustes", a déclaré Reporters sans frontières, qui demande la libération immédiate de Ferdinand Samba.

"Ces décisions de justice endommagent sérieusement la liberté de la presse dans le pays. Non seulement un journaliste est envoyé en prison pour ses écrits, mais les autorités privent également la population centrafricaine d'un titre pendant un an", a ajouté l'organisation.

Ferdinand Samba s'est vu opposer un mandat d'amener par le tribunal le 12 janvier 2012 et a été arrêté quatre jours plus tard. Il est détenu à la prison centrale de Ngaragba, à Bangui, depuis le 16 janvier.

Le procès intenté contre lui, ouvert le 19 janvier, fait suite à une série d'articles critiques parus dans son journal en octobre, novembre et décembre 2011. Il est reproché au journaliste "d'avoir publié plusieurs articles depuis octobre (. . .) à caractère diffamatoire, injurieux et incitant à la haine, visant précisément le ministre des Finances".

A la suite de l'arrestation de Ferdinand Samba et en signe de protestation, une "journée sans journaux" a été organisée le 20 janvier 2012 par le groupement des éditeurs de la presse privée indépendante de Centrafrique (GEPPIC), qui avait par ailleurs adressé au ministre des Finances une demande de clémence.

Reporters sans frontières apporte son soutien aux journalistes des principaux médias indépendants qui, depuis plusieurs jours, ont témoigné leur solidarité envers leur confrère.

Le tribunal a également prononcé une peine d'un an ferme à l'encontre du directeur de publication du journal La Plume, Patrick Agoundou, absent du pays lors du verdict. Un mandat d'arrêt a été lancé contre lui.

Le pays figure à la 62e position, sur 179 pays, du classement mondial 2011-2012 de la liberté de la presse publié par Reporters sans frontières.

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