17 décembre 2003
Alerte
Arrestation d'un cyberdissident de l'église chrétienne clandestine
Détails de l'incident
Zhang Shengqi, Ouyang Yi
web dissident(s)
(RSF/IFEX) - Zhang Shengqi a été arrêté le 26 novembre 2003 pour des articles en faveur de l'église chrétienne clandestine publiés sur Internet. Il aurait diffusé des textes de Liu Fenggang, un historien de l'église également emprisonné.
RSF demande au Premier ministre chinois, Wen Jiabao, la libération du cyberdissident. "Zhang est le premier cas d'internaute emprisonné pour s'être exprimé en faveur de l'église chrétienne interdite", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de RSF. "Il est accusé d'avoir divulgué des secrets d'Etat, alors qu'il a simplement publié des textes portant sur la répression menée par le gouvernement à l'encontre de sa communauté religieuse. Nous dénonçons cette utilisation abusive du concept de secret d'Etat, régulièrement utilisé par les autorités pour procéder à des arrestations arbitraires. Nous espérons que, comme dans les cas des cyberdissidents Liu Di et Ouyang Yi, la justice reconnaîtra que l'incarcération de Zhang Shengqi est injustifiée", a-t-il ajouté.
Zhang Shengqi, 23 ans, a été arrêté chez sa fiancée, dans la ville de Jilin (nord du pays). La maison a été entièrement fouillée lors de l'arrestation. La police a saisi une vingtaine d'objets, dont le téléphone portable de Zhang Shengqi, et des articles écrits par Liu Fenggang.
Selon la China Aid Association, le cyberdissident aurait ensuite été transféré dans une prison de Hangzou (est du pays). L'association précise que l'inculpation de Zhang Shengqi est aujourd'hui officielle.
La fiancée du cyberdissident, Ye Jifei, a également été interrogée par la police les 28 et 29 novembre. Elle n'a cependant pas été incarcérée. Selon le site
http://www.boxun.com, Ye Jifei et Zhang Shengqi travaillaient dans la même entreprise d'informatique.
Par ailleurs, selon les informations de RSF, l'annonce du jugement du cyberdissident Ouyang Yi, emprisonné depuis décembre 2002, est reporté d'un mois. La justice aurait en effet ajourné ce jugement pour manque de preuves. L'inculpé avait été jugé en octobre sans qu'un verdict ait été prononcé.
Le bureau du procureur de Pékin avait renvoyé le procès de Liu Di pour les mêmes motifs. La jeune internaute avait été libérée peu après.