27 octobre 2004
Alerte
Le rédacteur en chef d'un magazine libéral licencié ; la répression contre la presse de Canton continue
Détails de l'incident
Xiao Weibi, Cheng Yizhong
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(RSF/IFEX) - Le rédacteur en chef d'un magazine libéral de Canton a été licencié pour avoir publié une interview d'un ancien responsable politique réformateur. Par ailleurs, Cheng Yizhong, ancien rédacteur en chef des quotidiens "Xin Jing Bao" et "Nanfang Dushi Bao", a été licencié et exclu du Parti communiste chinois (PCC).
RSF est indignée par l'acharnement dont font preuve les autorités de Canton, notamment Zhu Xiaodan, responsable du département de la propagande, contre les publications de cette ville du sud de la Chine. L'organisation a demandé au Premier ministre Wen Jiabao d'intervenir en faveur des journalistes Xiao Weibi, Cheng Yizhong, Yu Huafeng et Li Minying, victimes, dans des circonstances différentes, de la répression de la presse libérale.
Xiao Weibi, rédacteur en chef du magazine "Tong Zhou Gong Jin" ("Etre solidaire dans le même bateau") a été licencié, le 2 septembre 2004, pour avoir publié une interview de Ren Zhongyi, ancien responsable du Parti communiste à Canton, qui se prononçait en faveur de réformes politiques. Contacté par le quotidien de Hong Kong "South China Morning Post", le journaliste a déclaré : "Je ne suis plus le rédacteur en chef. Comprenez que je suis dans une position très difficile". De son côté, le nouveau rédacteur en chef a déclaré à l'Agence France-Presse que son prédécesseur était "parti à la retraite".
La parution de l'interview aurait suscité la colère des autorités locales et centrales à l'encontre de ce magazine publié depuis 1988 par un organe local du PCC. Ren Zhongyi y dénonçait notamment la censure de la presse et d'Internet. Selon le magazine de Hong Kong "Yazhou Zhoukan", un ministre adjoint a été envoyé de Pékin pour enquêter et régler cette affaire.
Un autre magazine de Canton, "Nanfeng Chuang", a également fait l'objet d'une enquête pour avoir publié des extraits de cette interview. Mais il aurait évité des sanctions car il n'avait pas publié un passage dans lequel l'ancien officiel critiquait directement Deng Xiaoping.
Par ailleurs, la Commission de discipline du PCC à Canton a annoncé, le 22 octobre 2004, de nouvelles sanctions à l'encontre de Cheng Yizhong. Il a été radié de son poste de rédacteur en chef du quotidien "Nanfang Dushi Bao" et exclu du PCC. Le Comité du Parti au sein du groupe de presse Nanfang n'avait même pas été averti de cette décision. Le PCC a également interdit que cette information soit publiée dans la presse chinoise. Selon plusieurs sources, ces décisions confirment qu'il est difficile d'envisager que Cheng Yizhong recommence à travailler en tant que journaliste. Il avait été détenu sans inculpation du 20 mars au 27 août.
Deux autres responsables du "Nanfang Dushi Bao", Yu Huafeng et Li Minying, ont été condamnés à de lourdes peines de prison sous des accusations fallacieuses de corruption. Cette cabale montée par les autorités locales, dont le chef de la police de Canton, Zhu Suisheng, vise à entretenir un climat de peur qui règne au sein des journalistes chinois.