11 septembre 2006
Alerte
Le journaliste Ching Cheong fait appel de sa condamnation alors que le verdict révèle de grossières manipulations
Détails de l'incident
Ching Cheong
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(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières soutient la décision de Ching Cheong, correspondant du quotidien singapourien "Straits Times" à Hong Kong, de faire appel de sa condamnation à cinq ans de prison pour "espionnage". Son avocat, He Peihua, a confirmé à l'Agence France-Presse avoir interjeté le 8 septembre 2006 de la condamnation en première instance devant un tribunal de Pékin. "Sa famille et lui-même ont jugé le verdict trop lourd et injuste", a-t-il précisé. Le journaliste a toujours clamé son innocence et il a fait passer un message à sa famille dénonçant un verdict injuste.
Reporters sans frontières est choquée par les manipulations contenues dans un document, présenté comme le verdict du procès de Ching Cheong, publié par un journal de Hong Kong. L'accusation d'espionnage ne repose que sur des contacts professionnels avec des chercheurs d'une fondation taïwanaise. Si Ching Cheong a bien été payé par une fondation taïwanaise pour écrire des articles sur des sujets de géostratégie, cela ne constitue en rien une affaire d'espionnage. Alors que toute la procédure a été marquée par des irrégularités et le secret, la justice se cache derrière de supposées confessions de Ching Cheong et d'universitaires chinois emprisonnés, obtenues dans des circonstances contraires aux standards de la justice internationale. Par ailleurs, la nature des informations diffusées par le journaliste, qualifiées de "secrets d'Etat" par la justice, relève de la paranoïa du pouvoir à Pékin. Des dizaines de journalistes, de dissidents et d'universitaires sont emprisonnés en Chine pour avoir divulgué de supposés "secrets d'Etat ".
Le gouvernement taïwanais a nié, le 1er septembre, que Ching Cheong avait espionné en faveur de Taipei. Les autorités ont confirmé, en revanche, que le reporter de Hong Kong avait eu des contacts professionnels avec une fondation de recherche taïwanaise.
En plus de la peine de prison, la justice chinoise a condamné Ching Cheong à payer 300 000 yuans (environ 30 000 euros) et 310 000 dollars HK (plus de 30 000 euros) d'amende. Des biens de sa famille ont déjà été saisis en Chine populaire. L'épouse du journaliste, Mary Lau, s'est étonnée du montant exorbitant de l'amende: "Ils ont l'air de penser que l'on a beaucoup d'argent".
Reporters sans frontières réitère, en coordination avec la Hong Kong Journalists Association, sa demande de libération immédiate de Ching Cheong. "Nous sommes intimement convaincus que cette lourde condamnation vise à punir un journaliste d'investigation et à faire peur à la presse de Hong Kong", a affirmé Reporters sans frontières.