12 février 2007

Alerte

L'ancien directeur du journal "Nanfang Dushi Bao" libéré trois ans avant la fin de sa peine


Détails de l'incident

Li Minying, Yu Huafeng

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(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières se félicite de la libération de Li Minying, ancien directeur du journal "Nanfang Dushi Bao", intervenue près de trois ans avant la fin de sa peine. Il avait été arrêté en janvier 2004 et condamné en appel à six ans de prison pour "corruption" avec Yu Huafeng, président du journal. Le rédacteur en chef, Cheng Yizhong, avait également été détenu sans jugement en 2004 dans la même affaire.

"Li Minying aura donc passé trois ans de sa vie derrière les barreaux, condamné injustement pour avoir été un patron de presse dynamique et courageux. Cette libération est une très bonne nouvelle, mais il est urgent de se mobiliser pour obtenir la libération de Yu Huafeng, toujours emprisonné pour son travail à la tête du "Nanfang Dushi Bao"", a affirmé l'organisation.

Le 12 février 2007, Li Minying est sorti libre de la prison de Panyu dans la province de Guangdong (Sud). Il est en bonne santé et a pour l'instant refusé de faire des commentaires, notamment pour ne pas nuire à son collègue Yu Huafeng, toujours détenu.

Selon la loi, un prisonnier qui a purgé plus de la moitié de sa peine peut être libéré. Il semble que Li Minying, soutenu par de nombreux journalistes chinois, ait bénéficié de deux remises de peine successives. Lors de sa détention, il était bien traité et pouvait téléphoner régulièrement à ses proches.

Selon son avocat et son épouse contactés par Reporters sans frontières, cette libération ne leur a été annoncée qu'il y a quelques jours.

Le 7 mai 2004, la Cour intermédiaire de Canton avait réduit les peines de prison de Yu Huafeng et Li Minying. Yu Huafeng avait été condamné à huit ans d'emprisonnement alors qu'il avait écopé de douze ans en première instance. Li Minying avait vu sa peine réduite de onze à six ans de détention. Les juges avaient déclaré: "Les premiers verdicts étaient basés sur des faits clairs et des preuves réelles. La procédure judiciaire était légale, mais la punition était relativement lourde." L'avocat des journalistes, Xu Zhiyong, avait défendu l'innocence de ses clients: "Nous pensons tous que c'est une injustice." En 2005, la Haute Cour du Guangdong avait rejeté leur nouvel appel. Quelques semaines plus tard, 2 356 journalistes chinois avaient signé une pétition demandant la libération de leurs confrères.

Face aux accusations de corruption, les confrères de Yu Huafeng et Li Minying affirment qu'ils n'ont fait que distribuer des primes à certains employés, liées aux revenus publicitaires en forte croissance du "Nanfang Dushi Bao". Selon de nombreux témoignages, des officiels avaient monté de toutes pièces ce procès pour punir les responsables de ce quotidien libéral qui avait publié une série d'enquêtes sur le SRAS et sur le décès d'un jeune graphiste, Sun Zhigang, battu à mort dans un commissariat de Canton.



Source:

Reporters sans frontières
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