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L'AMJ INAUGURE SA CAMPAGNE « PÉKIN 2008 » TANDIS QUE LA RÉPRESSION DES MÉDIAS BAT SON PLEIN

L'Association mondiale des journaux (AMJ) appelle tous les participants aux Jeux Olympiques de l'été prochain à Pékin, des athlètes et leurs commanditaires jusqu'au Comité International Olympique (CIO) et à leurs partenaires dans les médias, à « se faire entendre sur les violations des droits de la personne en Chine » et à exiger que le gouvernement respecte ses promesses de réforme.

La résolution présentée par l'AMJ le 19 novembre s'inscrit dans le cadre d'une campagne mondiale destinée à attirer l'attention sur les violations de la liberté de la presse en Chine et à contribuer à faire libérer les journalistes emprisonnés à l'approche des Jeux Olympiques d'été de 2008 à Pékin.

« Le Conseil d'administration de l'AMJ estime qu'il est nécessaire de mettre fin à l'attitude « des affaires sont les affaires » en Chine si on veut instaurer des réformes qui tardent et qui ne sont que trop nécessaires, et il encourage tous les partenaires des Jeux et toutes les entreprises qui font des affaires en Chine à se faire entendre sur la question des violations des droits de la personne en Chine », dit la résolution.

La résolution de l'AMJ invite également les autorités chinoises « à libérer de prison les dizaines de journalistes qui purgent de lourdes peines d'emprisonnement pour avoir exercé librement leur profession ». Selon l'AMJ, au moins 30 journalistes et 50 cyberdissidents se trouvent actuellement dans les prisons chinoises.

Li Changqing, lauréat de cette année de la Plume d'Or de la Liberté décernée par l'AMJ, a été condamné à trois ans de prison en janvier 2006 pour avoir publié un reportage sur l'éclosion d'une épidémie de fièvre dengue que les autorités auraient préféré tenir secrète.

Pour sa part, Shi Tao, lauréat de la Plume d'Or de la Liberté décernée l'an dernier par l'AMJ, purge une peine de dix ans de prison pour avoir envoyé un courriel qui traitait des restrictions imposées aux médias chinois sur la question du massacre de la place Tian'anmen. Selon l'AMJ, Reporters sans frontières (RSF) et le Centre américain du PEN international, rien que ce mois-ci, les législateurs américains ont condamné Yahoo! pour avoir aidé la police chinoise à persécuter Tao et d'autres cyberreporters en fournissant des renseignements qui ont mené à leur arrestation. Yahoo! a depuis présenté des excuses à la mère de Tao et a conclu une poursuite avec sa famille.

Par ailleurs, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et RSF qualifient la récente vague de répression contre les « faux » journalistes étrangers en prévision des Jeux Olympiques de l'an prochain à Pékin de prétexte pour empêcher les reporters critiques de couvrir les Jeux.

Les autorités chinoises compilent une base de données sur les journalistes étrangers qui seront autorisés à travailler en Chine pendant les Olympiques, rapportait la semaine dernière le quotidien officiel « China Daily ». Jusqu'à maintenant, 150 des 8 000 journalistes sont réputés être de faux journalistes.

« Les allégations de 'faux' journalisme ne sont qu'une justification transparente pour étendre la mainmise du gouvernement chinois sur la couverture médiatique, en violation de ses promesses du contraire », dit le CPJ.

Une ligne téléphonique nationale a même été mise sur pied pour solliciter des allégations de journalisme illégal, de journaux ou de bulletins de nouvelles illégales.

RSF a connaissance de l'arrestation récente de quatre « faux journalistes », encore la semaine dernière, alors que deux rédacteurs du journal « Les Nouvelles sociales » ont été arrêtés dans la province du Liaoning, dans le nord-est du pays.

À la suite du tollé de protestations, les autorités chinoises nient maintenant l'existence même du dossier et mettent en cause un « mauvais journaliste » employé par les médias d'État, dit RSF.

Aussi la semaine dernière, le journal « South China Morning Post » de Hong Kong rapportait que le ministère de la Propagande a fait parvenir la semaine dernière une directive aux principaux médias d'informations de Chine pour leur demander d'éviter de publier des reportages négatifs sur des sujets qui ont une incidence sur les Jeux, comme la pollution de l'air, le litige entourant la question de l'inclusion du relais de la flamme olympique à Taïwan et les questions de santé publique.

L'AMJ prépare pour mars prochain une conférence internationale consacrée à la situation de la liberté de la presse en Chine, en collaboration avec RSF et le Comité mondial pour la liberté de la presse, qui sont membres de l'IFEX, ainsi que Human Rights en Chine. L'AMJ prévoit en outre de consacrer à ce même sujet la couverture de sa Journée mondiale de la liberté de la presse (le 3 mai).

Consulter les sites suivants :
- AMJ : http://www.wan-press.org/article15588.html
- AMJ, à propos de la Plume d'Or de la Liberté : http://tinyurl.com/27p7yr
- RSF, à propos de Yahoo! : http://tinyurl.com/yoz7jx
- RSF, à propos des faux journalistes : http://tinyurl.com/2yzvtk
- Centre américain du PEN International : http://tinyurl.com/yskxf5
- CPJ : http://tinyurl.com/2qukkn
- Dossier d'ARTICLE 19 sur l'emprise juridique exercée par la Chine sur la presse : http://tinyurl.com/2cmh2e
Vérifiez les sites web des membres de l'IFEX pour leur campagne sur Pékin 2008 :
- Human Rights Watch : http://china.hrw.org/
- RSF : http://www.rsf.org/rubrique.php3?id_rubrique=174
(Image cortoisie de RSF)

(20 novembre 2007)

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