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Des journalistes protestent contre les attaques sauvages contre des collègues

Un certain nombre de journalistes de Hong Kong figurent parmi ceux qui ont été brutalement agressés et harcelés en Chine continentale au cours des deux dernières semaines, tandis que les autorités accentuent leur contrôle de la couverture indépendante de la violence ethnique et de la criminalité locale, selon ce que rapportent l'Association des journalistes de Hong Kong (Hong Kong Journalists Association, HKJA) et Reporters sans frontières (RSF).

Trois journalistes accrédités de la télévision de Hong Kong, qui couvraient des manifestations de protestation à Urumqi, la capitale de la province du Xinjiang, le 4 septembre, ont été « frappés à coups de pied et de poing, jetés au sol, menottés par la police et détenus pendant trois heures environ », rapporte la HKJA. Le reporter Lam Tsz-ho, de TVB, son cameraman Lau Wing-chuen et le cameraman de Now TV Lam Chun-wai, qui tentaient d'échapper aux gaz lacrymogènes, ont été contraints de rester plaqués au sol, les mains attachées pendant 20 minutes, dit RSF. Tsz-Ho a déclaré à RSF que la police les avait battus à coups de bâton et qu'elle leur avait confisqué la bande vidéo qu'ils avaient tournée.

Cinq autres reporters de Hong Kong ont été arrêtés brièvement le même jour à Urumqi, dit RSF; la police a saisi l'équipement d'une équipe des nouvelles de l'Associated Press Television et les a empêchés de filmer les protestations. L'équipement leur a été rendu cinq heures plus tard.

Selon les dépêches, des milliers de Chinois d'ethnie Han sont descendus dans les rues d'Urumqi début septembre pour protester contre une série d'attaques à la seringue imputées aux musulmans ouïghours de la province. Tant les Hans que les Ouïghours, un groupe ethnique minoritaire à prédominance musulmane, sont responsables de la mort de membres de l'autre groupe ethnique. La violence dévastatrice qui a éclaté en juillet laisse deviner des problèmes dans la politique de la Chine à l'égard des minorités; au moins 184 personnes ont perdu la vie.

Par ailleurs, des centaines de journalistes ont protesté le 13 septembre à Hong Kong contre la brutalité à laquelle sont confrontés leurs collègues en Chine, selon ce que rapportent les nouvelles. Ils invitent les autorités du Xinjiang et de Pékin à mettre fin à la répression des médias. Le gouvernement du Xinjiang accuse les journalistes d'avoir incité aux troubles.

La présidente de la HKJA, Mak Yin-ting, a déclaré à l'Agence France-Presse (AFP) que les travailleurs des médias dénonçaient les allégations « injurieuses et d'une fausseté patente » contre les journalistes.

« C'est un violent outrage à la liberté de la presse », a-t-elle déclaré à l'AFP. « Il ne s'agit pas d'un incident isolé. Même l'an dernier, beaucoup de nos journalistes ont été tabassés pendant qu'ils rapportaient la nouvelle en Chine. La situation empire maintenant. »

Par ailleurs, deux reporters basés à Pékin, employés de médias de Hong Kong, ont été détenus le 12 août dans un hôtel de Chengdu, dans la province du Sichuan, ce qui les a empêchés de couvrir le procès du blogueur Tan Zuoren, indique RSF. Un autre journaliste, Liu Manyuan, a été hospitalisé après avoir été brutalement tabassé le 31 août par des gardiens de sécurité dans la ville industrielle de Dongguan (province du Guangdong, dans le sud-est du pays). Dans une entrevue accordée à la station de télévision de Guangzhou, Liu a déclaré qu'il s'apprêtait à prendre des photos de la scène d'un meurtre lorsque des gardiens en uniforme, agissant sur les ordres d'un supérieur, lui ont intimé l'ordre de quitter les lieux. Ils l'ont ensuite attaqué.

« Les autorités auront de la difficulté à contenir la croissance troublante du nombre des cas de violence contre la presse, à moins que l'on ne s'occupe des responsables avec fermeté, mais d'une manière proportionnelle », dit RSF. « Le climat de tensions sociales et ethniques au Xinjiang et dans le reste du pays ne justifie pas de telles attaques, qui ressemblent à des gestes de censure, qui visent par-dessus tout les journalistes d'enquête. Il est clair que les excuses des autorités locales ne suffisent pas. »

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