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Le journaliste emprisonné de Telesur, inculpé de "rébellion et terrorisme", pourrait être victime d'une erreur d'identité

(RSF/IFEX) - La justice colombienne a inculpé, le 7 décembre 2006, le journaliste de la chaîne internationale Telesur Freddy Muñoz de "rébellion et terrorisme". Le parquet de Barranquilla (Nord), où le journaliste est détenu, se donne huit mois pour traiter cette affaire. Freddy Muñoz risque une peine allant de six à quinze ans de prison. Les autorités colombiennes jurent que la procédure ouverte contre lui ne concerne en rien ses activités professionnelles et en particulier son interview, réalisée il y a un an, de guérilleros des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Selon elles, Freddy Muñoz est accusé d'avoir participé à un attentat en 2002, attribué aux FARC et qui n'avait pas fait de victimes, ce qu'il a toujours nié.

Trois anciens combattants des FARC ont témoigné contre Freddy Muñoz, mais Tito Gaítan, son avocat, a souligné auprès de Reporters sans frontières le flou de leur déposition. L'un d'eux a déclaré connaître un certain Jorge Eliecer, alias "Freddy", de type africain (Freddy Muñoz est métis). Un autre n'a mentionné que le surnom "Freddy". Le dernier a soutenu que ledit "Freddy" était un artificier et présentait des blessures dues à des détonations. L'expertise médicale pratiquée sur le journaliste a démontré que ses cicatrices n'avaient rien à voir avec le maniement d'explosifs.

"Devant des "preuves" à charge aussi faibles, Reporters sans frontières ne croit pas que Freddy Muñoz soit le coupable que la justice colombienne recherche. L'organisation craint que le journaliste ne soit victime d'un règlement de comptes politique lié à son appartenance à la chaîne Telesur, réputée hostile au président Alvaro Uribe. Nous demandons en conséquence sa libération", a déclaré l'organisation.

Freddy Muñoz avait été arrêté, le 19 novembre dernier, à l'aéroport de Bogotá alors qu'il revenait de Caracas, où se trouve le siège de Telesur. La chaîne, dont quatre pays latino-américains se partagent le financement, a été créée sous l'impulsion du gouvernement vénézuélien, que les autorités colombiennes accusent de couvrir les FARC.

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