RÉGIONS:

Huit journalistes des médias publics toujours en détention dans le centre de police "Agip", à Asmara, un journaliste libéré; la radio érythréenne Al-Sharq émettant de Khartoum fermé

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières dément l'information selon laquelle les neuf journalistes arrêtés depuis le 12 novembre 2006 ont été relâchés, comme l'a indiqué le ministre de l'Information, Ali Abdu. Selon les informations recueillies par Reporters sans frontières, seul Simon Zewde, préalablement identifié comme "Simon", journaliste de la chaîne gouvernementale Eri-TV, a été relâché.

Par ailleurs, l'organisation dénonce la connivence entre les autorités soudanaises et érythréennes, ayant conduit à la fermeture arbitraire, début novembre 2006, de la radio érythréenne Al-Sharq. Cette station privée émettait neuf heures par jour, depuis un an, à partir de Khartoum et de Khasm al-Girbah (Est), et diffusait des informations en tigrinya vers l'ouest de l'Erythrée. Cette fermeture est la conséquence du rapprochement entre Asmara et Khartoum, après que l'Erythrée eut joué un rôle important dans la signature d'un accord avec le mouvement rebelle soudanais opérant dans la partie orientale du pays. Le 3 novembre, les deux pays ont signé un accord stipulant que le Soudan fournirait du pétrole à son voisin et que le commerce transfrontalier serait rétabli.

Reporters sans frontières a pu identifier plus précisément les journalistes érythréens récemment incarcérés, dont l'identité était incertaine. Les huit journalistes toujours en détention sont: Ahmed "Bahja" Idris, de Eri-TV, Senait Tesfay, animatrice du service en tigrinya de Eri-TV, Paulos Kidane, du service en amharique de Eri-TV et de la station publique Radio Dimtsi Hafash (Voice of the Broad Masses), Daniel Mussie, du service en oromo de Radio Dimtsi Hafash, Temesghen Abay, du service en tigrinya de Radio Dimtsi Hafash, Yemane Haile, de l'agence gouvernementale Eritrean News Agency (ENA), Fathia Khaled, animatrice du service en arabe de Eri-TV, et Amir Ibrahim, journaliste du service en arabe de Eri-TV, qui souffre de diabète.

Enfin, contrairement aux premières informations reçues par l'organisation, les journalistes sont détenus à Asmara, la capitale, dans un complexe géré par la police et nommé "Agip", en référence à la compagnie pétrolière qui était par le passé installée à cet endroit. Situé derrière le cinéma "Capitol", en face de la présidence de la République, ce centre de détention est l'endroit "où la police conduit les prisonniers pour les torturer, avant de les transférer vers leur destination finale", selon un ancien détenu interrogé par Reporters sans frontières. Ils seraient gardés sous la responsabilité du colonel Simon Gebredinghel et du lieutenant-colonel Tekhelesghi Estifanos.

Le 23 novembre, Ali Abdu avait déclaré à l'AFP que les journalistes avaient été interrogés pour "une affaire de routine" et qu'ils avaient été relâchés. De son côté, le porte-parole de la présidence, Yemane Gebremeskel, a déclaré le 24 novembre à l'agence Associated Press (AP) qu'il n'était pas au courant des arrestations.

Dernier Tweet :

Banning opposition leader from #Malaysian university demonstrates lack of academic freedom http://t.co/MbT0xlv7kU | @CIJ_Malaysia