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Un journaliste mis en examen pour "recel", une menace pour les sources journalistiques

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières dénonce la décision de la juge d'instruction Anne-Julie Paschal, de mettre en examen le journaliste de Rue89 Augustin Scalbert, auteur d'un article, publié le 30 juin 2008, qui accompagnait la "vidéo off" de Nicolas Sarkozy sur France 3 ( http://www.rue89.com/2010/05/06/affaire-sarkozy-off-la-convocation-du-journaliste-de-rue89-reportee-150456 ). Cette vidéo, visionnée par des centaines de milliers d'internautes, montrait le chef de l'État irrité après qu'un technicien de la chaîne avait refusé de lui rendre son salut avant une interview.

"Cette mise en examen s'apparente à du harcèlement judiciaire. Près de deux ans après les faits, il nous paraît scandaleux que cette affaire n'ait toujours pas été enterrée et qu'elle ait pris de telles proportions, menaçant aujourd'hui un journaliste d'être condamné à une peine de prison. La multiplication des procédures engagées contre des journalistes afin de les obliger à révéler leurs sources met en danger le journalisme d'investigation en France. Nous demandons l'abandon immédiat des charges qui pèsent contre le journaliste de Rue89", a déclaré l'organisation.

Augustin Scalbert était convoqué au Palais de justice le 11 juin 2010 à 10h30. Il lui est reproché d'avoir "sciemment recélé un vidéogramme qu'il savait provenir d'un vol commis au préjudice de la société nationale de télévision France 3". Il est poursuivi en vertu des articles 321-1, 321-2, 321-3 et 321-10 du code pénal. Le recel est puni de 5 ans d'emprisonnement et de 375 000 Euros d'amende.

Le 30 juin 2008, France 3 avait invité Nicolas Sarkozy sur le plateau du 19/20. Une vidéo contenant des propos hors antenne du Président avait, très rapidement, circulé sur Internet, notamment sur le site de Rue89. Le 8 juillet 2008, France 3 avait porté plainte pour "vol, recel et contrefaçon". Le parquet de Paris avait immédiatement ouvert une enquête préliminaire menée par la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), qui avait convoqué, le 1er avril 2009, Joseph Tual et Carine Azzopardi de France 3 ainsi que Augustin Scalbert et Pierre Haski de Rue89. La direction de France 3 a lancé de son côté une enquête interne. En novembre 2009, un technicien de France 3 a été mis en examen.

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