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Les autorités échouent à leur tâche de protéger les journalistes en dépit des promesses à l'ONU, indique l'IFEX-ALC

La semaine dernière au Honduras, un membre du Bureau de la station de radio communautaire « La Voz de Zacate Grande » s'est fait tirer une balle dans une jambe par des résidents irrités de la couverture de la station. La police s'est abstenue d'intervenir. C'était la dernière en date d'une série d'incidents qui font ressortir l'incapacité du gouvernement à enquêter sur les attaques perpétrées contre les journalistes - en dépit des promesses faites avant la réunion en novembre du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, dit l'IFEX-Amérique latine et Caraïbes (IFEX-ALC), une alliance de 17 groupes de la région membres de l'IFEX.

L'IFEX-ALC a pris la parole à Genève le 17 mars lors de la dernière séance du Conseil des droits de l'homme. Dans son intervention orale à de la séance, l'IFEX-ALC a déclaré que la situation de la libre expression se détériore toujours au Honduras - même si le gouvernement s'est engagé à défendre la libre expression lors de la Revue périodique universelle en novembre dernier, quand le dossier du Honduras sur les droits de la personne a été formellement passé en revue par les membres du Conseil des droits de l'homme. À ce moment-là, le gouvernement avait promis de faire enquête sur les attentats et les meurtres commis contre les journalistes, et de reconnaître en droit les médias communautaires.

Mais le nombre des « attaques contre le personnel des médias est à la hausse, les officiels du gouvernement étant responsables de certains de ces incidents », dit l'IFEX-ALC.

Par exemple, 10 journalistes ont été brutalement assassinés en 2010, l'un d'eux l'a même été après la Revue périodique universelle - et aucun de ces crimes n'a fait l'objet d'une enquête approfondie, dit l'IFEX-ALC. En même temps, certaines mesures de précaution demandées par la Commission interaméricaine des droits de l'homme (IACHR) ne sont toujours pas mises en oeuvre.

De plus, l'argent promis au Bureau du Procureur public pour procéder à des enquêtes sur les violations des droits de la personne a été réduit de moitié, dit l'IFEX-ALC. Les défenseurs des droits sont aussi menacés : l'IFEX-ALC rapporte que Leo Valladares, ancien Commissaire national aux droits de la personne, et Alvaro Cálix, recherchiste en affaires sociales, ont tous deux été contraints récemment à prendre le chemin de l'exil.

Lors de la récente séance du Conseil des droits de l'homme, toutefois, le gouvernement s'est à nouveau engagé à adopter les recommandations de la Revue périodique universelle relatives à la libre expression, comme faire enquête sur les meurtres de journalistes et reconnaître les besoins particuliers des médias communautaires pour obtenir des permis d'exploitation. Lors d'une rencontre privée avec les délégués honduriens, l'IFEX-ALC a réitéré sa volonté d'aider le Honduras « de quelque façon que ce soit ».

D'après Ramón Muñoz Castro, du Réseau International des droits humains (RIDH), une organisation partenaire basée à Genève qui a représenté l'IFEX-ALC à Genève, « l'expérience montre que si est mise en oeuvre une stratégie à moyen et à long terme pour cette campagne, l'IFEX-ALC pourrait influencer l'État hondurien afin qu'il réalise les changements voulus. Le défi consiste à maintenir les canaux de communication à Genève ouverts aux apports d'ONG honduriennes locales ».

Les membres de l'IFEX-ALC vont continuer à suivre de près le respect des recommandations par le Honduras.

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