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Un autre défenseur du droit à l'information abattu

Le nom de Shehla Masood s’ajoute à la liste comptant une douzaine de personnes tuées au cours de la dernière année parce qu’elles cherchaient à obtenir des renseignements en vertu de la Loi indienne sur l’accès à l’information
Le nom de Shehla Masood s’ajoute à la liste comptant une douzaine de personnes tuées au cours de la dernière année parce qu’elles cherchaient à obtenir des renseignements en vertu de la Loi indienne sur l’accès à l’information

A Tribute to Martyr Shehla Masood Facebook page

Une activiste, championne de la défense de la loi sur le droit d'accès à l'information en Inde, a été abattue à Bhopal, dans l'État de Madhya Pradesh, ce qui fait d'elle la treizième personne qui défend le droit d'accès à l'information à être assassinée au cours de la dernière année, indiquent Reporters sans frontières (RSF) et les dépêches.

Shehla Masood, qui militait également en faveur de la protection de l'environnement et contre la corruption, a été abattue le 16 août devant son domicile tandis qu'elle s'apprêtait à participer à une manifestation d'appui au dirigeant anti-corruption emprisonné Anna Hazare, qui depuis a été relâché.

Au cours des deux dernières années, Masood a fait campagne en faveur de la Loi de 2005 sur l'accès à l'information (RTI) afin qu'elle soit mieux appliquée. Depuis sa mort, elle aussi attire beaucoup l'attention, tandis que près de 1 500 partisans se sont déjà manifestés sur une page d'hommages située à Facebook.

La loi permet aux citoyens indiens de déposer des demandes de renseignements auprès de la plupart des organismes du gouvernement. Grâce à des demandes en vertu de la loi RTI, les activistes ont pu mettre au jour des activités illicites, ce qui fait d'eux des cibles de menaces et de violence.

Lors d'une visite en Inde en janvier 2011, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les défenseurs des droits de la personne a déclaré que « les activistes de la loi RTI, qui peuvent être de simples citoyens, sont de plus en plus visés parce que, entre autres, ils mettent à nu les violations des droits de la personne et la piètre gouvernance, notamment la corruption chez les officiels ».

Masood joint les rangs d'une douzaine de personnes « tuées l'an dernier apparemment… parce qu'elles tentaient d'obtenir des renseignements en vertu de la Loi », dit RSF.

Dès janvier 2010, Masood avait signalé à la police locale avoir reçu des menaces, mais rien n'avait été fait, ajoute RSF.

« Je pense qu'il est très risqué et peu sûr pour les activistes de travailler en faveur des droits civils en Inde, surtout dans l'État de Madhya Pradesh », a déclaré l'activiste de la loi RTI Ajay Dubey, lui aussi basé à Bhopal, dans une entrevue accordée au « Wall Street Journal ».

Selon le journal, Dubey est un membre fondateur de Prayatna, un groupe activiste dont Masood était membre. Les demandes effectuées en vertu de la loi RTI sont leur arme principale. Dubey indique avoir, à lui seul, soumis plus de 5 000 demandes en vertu de la loi RTI, sur des sujets qui vont de la pollution industrielle aux réformes de la police. Une demande faite en vertu de la loi RTI qui a été particulièrement fructueuse a mené à la fermeture de mines illégales dans son État d'origine, indique Dubey.

Dubey a dit au journal attribuer le meurtre de Masood à l'absence de protection de la part de l'État. « Il n'y a aucune disposition pour protéger les activistes; cela met particulièrement en danger les militants de la loi RTI, étant donné qu'ils collectent souvent des éléments de preuve susceptibles de causer des difficultés aux officiels corrompus. »

Dubey et Masood ont tous deux exercé des pressions auprès du gouvernement de l'État pour qu'il mette en oeuvre une loi visant à protéger les lanceurs d'alertes. En février 2010, Masood avait écrit sur son blogue à propos de « la nécessité d'une Loi sur (la protection) des lanceurs d'alertes en Inde ».

D'après le « Wall Street Journal », les membres de sa famille et des collègues activistes ont demandé au gouvernement indien que le Central Bureau of Investigation, le principal organe d'enquête du pays, ouvre une enquête sur la mort de Masood. La demande fait actuellement l'objet d'une évaluation.

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