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RSF publie sa nouvelle liste des "Ennemis d'Internet" à l'occasion de la Journée mondiale contre la cyber-censure

RSF

(RSF/IFEX) - 11 mars 2010 - Le 12 mars 2010, Reporters sans frontières célèbre la Journée mondiale contre la cyber-censure. Ce rendez-vous est destiné à mobiliser chacun d'entre nous pour soutenir un seul Internet, libre et accessible à tous. Le renforcement du contrôle du Web par un nombre grandissant de pays est confronté à un accroissement des capacités de mobilisation de net-citoyens toujours plus inventifs et solidaires. C'est la tendance soulignée par Reporters sans frontières dans son nouveau rapport, les "Ennemis d'Internet", qui montre du doigt les principaux pays qui restreignent l'accès de leurs citoyens à Internet, et harcèlent les net-citoyens. Une liste de pays "sous surveillance", dont l'attitude vis-à-vis du Net suscite l'inquiétude, sera également rendue publique.

Cette année encore, la liste des ennemis d'Internet réunit les pires violateurs de la liberté d'expression sur le Net : l'Arabie saoudite, la Birmanie, la Chine, la Corée du Nord, Cuba, l'Egypte, l'Iran, l'Ouzbékistan, la Syrie, la Tunisie, le Turkménistan, le Viêt-nam.

Certains tentent d'empêcher à tout prix leurs citoyens d'avoir accès à Internet : la Birmanie, la Corée du Nord, Cuba et le Turkménistan. Les obstacles techniques et financiers se conjuguent à un contrôle d'Etat et le développement d'un intranet très limité. Coupure d'Internet ou ralentissement majeur sont monnaie courante en périodes de troubles. L'Arabie saoudite et l'Ouzbékistan optent pour un filtrage massif et incitent leurs internautes à l'autocensure. La Chine, l'Egypte, la Tunisie et le Viet-nâm misent sur une stratégie de développement des infrastructures à des fins économiques, mais contrôlent de près le contenu politique et social. Ils montrent une profonde intolérance vis-à-vis des voix critiques. La grave crise interne qui traverse l'Iran a pris dans ses filets les net-citoyens et les nouveaux médias, devenus, à leur tour, des ennemis du régime.

Parmi les pays "sous surveillance", plusieurs démocraties : l'Australie, en raison de la volonté du gouvernement de mettre en place un système poussé de filtrage du Net et la Corée du Sud où des lois trop sévères encadrent les internautes, remettent en cause leur anonymat et incitent à l'autocensure.

La Turquie et la Russie font leur entrée dans cette liste des "pays sous surveillance". En Russie, suite au contrôle exercé par le Kremlin sur la majorité des médias, Internet est devenu l'espace d'échange d'informations le plus libre. Mais son indépendance est menacée par des arrestations et poursuites de blogueurs, ainsi que des blocages de sites taxés d'"extrémistes". La propagande du régime est de plus en plus présente sur la Toile. Il existe un vrai risque qu'Internet ne se transforme en outil de contrôle politique.

En Turquie, les sujets tabous tournent principalement autour d'Atatürk, de l'armée, de la question des minorités et de la dignité de la Nation. A ce titre, plusieurs milliers de sites sont bloqués, dont YouTube, suscitant des protestations. Les blogueurs et internautes qui s'expriment librement sur ces sujets s'exposent à des représailles, notamment judiciaires.

D'autres pays, dont les Emirats arabes unis, le Bélarus et la Thaïlande, restent dans la liste des "pays sous surveillance", mais devront réaliser des progrès pour ne pas basculer dans celle des "Ennemis d'Internet" : la Thaïlande, en raison des abus liés au crime de lèse-majesté ; les Emirats à cause du renforcement du filtrage ; et le Bélarus pour un décret liberticide qui régule le Net.

Les autres pays placés sous surveillance sont le Bahrein, l'Erythrée, le Sri Lanka et la Malaisie.

Lire le rapport intégral :
ennemis_internet.pdf (1215 KB)

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