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Les membres de l'IFEX rendent hommage aux journalistes « en suspens » à l'occasion de la Journée mondiale des réfugiés

Image de la couverture du document intitulé « Condamnés au départ, pas au silence », le dossier de RSF sur les médias en exil
Image de la couverture du document intitulé « Condamnés au départ, pas au silence », le dossier de RSF sur les médias en exil

RSF

Près de 70 journalistes ont été contraints à l'exil au cours des 12 derniers mois, plus de la moitié d'entre eux venant d'Iran et de Cuba, apprend-on dans une nouvelle étude du Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Le rapport ne constitue que l'une des façons dont les membres de l'IFEX ont marqué la Journée mondiale des réfugiés, le 20 juin.

L'Iran, qui mène la répression contre la presse indépendante depuis l'élection contestée de 2009, et Cuba, qui n'a libéré des journalistes de prison que pour les contraindre à quitter leur patrie, ont chacun forcé 18 journalistes à l'exil, dit le CPJ.

Parlant de son nouveau statut et de sa nouvelle résidence, le reporter cubain Victor Rolando Arroyo Carmona, qui a purgé plus de sept ans de prison avant d'être libéré en septembre à la condition de partir en exil en Espagne, a déclaré : « Je me sens instable parce qu'il n'y a rien pour nous ici... Nous n'avons même pas nos titres professionnels. Nous vivons en suspens. »

Quatre-vingt-deux pour cent des journalistes ont quitté leur pays entre le 1er juin 2010 et le 31 mai 2011 pour cause d'emprisonnement ou de menace d'emprisonnement, dit le CPJ. Quinze pour cent ont fui en raison d'agressions physiques ou de menaces de violence.

Depuis 2001, soit depuis que le CPJ a entrepris de conserver des données détaillées sur les journalistes en exil, au moins 649 journalistes qui ont subi des violences, l'emprisonnement et le harcèlement ont pris le chemin de l'exil à travers le monde. La plupart d'entre eux (91 pour 100) n'ont pu rentrer chez eux.

L'Iran joint les rangs de quatre autres pays - l'Éthiopie, la Somalie, l'Irak et le Zimbabwe - qui comptent près de la moitié du total des journalistes poussés hors de leur pays au cours des dix dernières années. Il n'est donc pas étonnant que ces cinq pays aient de lourds dossiers de répression de la presse, dit le CPJ.

Pour des centaines de journalistes, les obstacles juridiques, les différences de langue et les difficultés à trouver du travail dans un pays peuvent se révéler dévastateurs. D'après le CPJ, 22 pour 100 seulement des journalistes qui sont restés en exil se livrent maintenant à des activités liées aux médias.

Reporters sans frontières (RSF) rend hommage à certains de ces journalistes qui ont surmonté ces difficultés et qui ont pu continuer à travailler comme journalistes en exil. « Condamnés au départ, pas au silence — Le combat des médias en exil » se penche sur des études de cas de journalistes de partout dans le monde qui continuent à couvrir les violations des droits de la personne dans leurs pays respectifs, que ce soit en Birmanie, au Sri Lanka, au Rwanda ou à Cuba, « pour ne pas donner raison aux prédateurs de la liberté de la presse qui se réjouissaient de les avoir contraints au départ », dit RSF.

« Democratic Voice of Burma » (DVB), par exemple, basé à Oslo, l'un des médias en exil les plus populaires et les plus influents, vient de lancer une campagne intitulée « Libérez les vidéojournalistes de Birmanie » afin d'obtenir la remise en liberté de tous les vidéo-journalistes emprisonnés en Birmanie pour avoir fourni à DVB des reportages vidéos qui documentaient les tactiques utilisées contre les minorités ethniques, les meurtres de moines commis par l'armée birmane et la stupidité du régime à la suite du passage du cyclone Nargis en 2008.

L'Institut international de la presse (IIP) a également interviewé des journalistes en exil - qui ont tous des liens avec l'IFEX. L'ancien chef du Free Media Movement du Sri Lanka, Sunanda Deshapriya, qui vit maintenant à Genève, et Soe Myint, qui dirige le groupe birman en exil Mizzima News à partir de l'Inde, discutent de leurs difficultés d'intégration dans leur nouveau pays, ainsi que des difficultés à soutenir leur famille restée au pays.

« Pendant toutes ces années, de nombreux collègues de Mizzima News et moi-même avons travaillé afin de rentrer un jour dans notre pays pour y poursuivre notre travail », dit Myint. « Nous sommes toujours prêts à rentrer dans une Birmanie démocratique. »

L'IIP braque aussi les projecteurs sur Abel Ugba, qui dirige le Réseau des journalistes en exil (Exiled Journalists Network, EJN), groupe membre de l'IFEX basé à Londres. L'EJN rassemble les journalistes qui vivent en exil au Royaume-Uni et leur donne une plate-forme pour partager leur vécu et des conseils, notamment des trucs toujours importants sur la façon de devenir un résident légal (ce qui facilite la réunification des familles), et la façon de réintégrer le monde du journalisme.

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