20 juillet 2004
Alerte
Deux quotidiens et un mensuel suspendus
Détails de l'incident
Javad Khorami Moaghadam
newspaper(s)
suspended
(RSF/IFEX) - RSF condamne vigoureusement les suspensions des quotidiens réformateurs "Vaghayeh ettefaghieh" et "Jomhouriat", les 17 et 18 juillet 2004, et du mensuel "Aftab" le 11 juillet.
"Procès honteux dans l'affaire Zahra Kazemi d'un côté, suspension de deux des plus grands titres de la presse réformatrice de l'autre : les autorités iraniennes affichent tous les signes d'une politique de plus en plus répressive envers les droits de l'homme et la liberté de la presse. La censure de "Vaghayeh ettefaghieh" et de "Jomhouriat" est inacceptable. Non seulement en raison des procédures utilisées par la pseudo justice iranienne, qui use de chantage odieux, mais aussi parce qu'elle est le signe de la volonté du pouvoir conservateur de tarir toute source d'information indépendante, particulièrement au moment où se déroule le procès du meurtrier présumé de la photojournaliste Zahra Kazemi. Nous demandons aux autorités iraniennes de lever, au plus tôt, ces suspensions", a déclaré RSF.
Le 17 juillet, "Vaghayeh ettefaghieh" a été suspendu "pour une durée indéterminée", pour "propagande contre le régime", "publication de fausses informations" et "insultes envers le Guide". Ce quotidien, dont une grande partie de la rédaction est issue du quotidien réformateur "Yas-e no", suspendu le 18 février, à la veille des élections législatives, a gardé une ligne éditoriale très critique envers les dirigeants conservateurs et notamment envers le nouveau Parlement.
"Jomhouriat" a été suspendu le 18 juillet pour les mêmes chefs d'accusation. Javad Khorami Moaghadam, directeur du quotidien - qui n'en était qu'à sa 12e édition - avait été convoqué, quelques jours plus tôt, par le procureur de Téhéran, Saïd Mortazavi. Ce dernier lui avait notamment demandé, sans succès, de limoger le rédacteur en chef de "Jomhouriat", Emadoldin Baghi. Convoqué très régulièrement par la justice de Téhéran qui cherche à lui imposer le silence, Baghi avait été condamné, le 4 décembre 2003, sans motif officiel, à un an de prison avec sursis par la 6e section du tribunal révolutionnaire de Téhéran. Le 23 octobre 2000, il avait été condamné à trois ans de prison ferme, pour "atteinte à la sécurité nationale" et "propagation de fausses nouvelles". Depuis sa libération, le 6 février 2003, Baghi a multiplié les actions en faveur des droits de l'homme, notamment en signant dans la presse réformatrice des articles dénonçant les atteintes à la liberté d'expression et en créant une association de défense des prisonniers d'opinion. Le 15 juillet, "Jomhouriat" avait commencé à publier l'introduction du Rapport annuel 2004 de RSF.
Enfin, le 11 juillet 2004, le mensuel "Aftab" a également été suspendu pour "insultes envers le Guide", et "publication des fausses informations". "Aftab" était publié depuis 2000 par un collectif d'écrivains et d'intellectuels. Son directeur, Issa Saharkhiz, avait été arrêté en 2003 pour "propagande contre le régime".
Source:
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