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Deux journalistes pris dans les mailles de la justice

(RSF/IFEX) - Dans deux affaires séparées, la justice iranienne vient de rendre publiques les charges retenues contre les journalistes Ako Kurdnasab et Soheil Assefi, plus d'un mois après leur arrestation. Au total, dix collaborateurs des médias sont actuellement derrière les barreaux en Iran. Parmi eux, Mohammad Sadegh Kabovand, arrêté le 1er juillet 2007, continue d'ignorer les accusations qui pèsent contre lui.

"L'Iran a l'un des régimes les plus autoritaires du Moyen-Orient. C'est avant tout par le biais de la justice que les journalistes sont soumis à d'intenses pressions. Ils n'ont aucun moyen de se défendre contre les accusations graves qui sont retenues contre eux lors de procès iniques. Dans la plupart des cas, ils ne sont même pas autorisés à rencontrer leurs avocats", a déclaré Reporters sans frontières.

Le 10 septembre, Ako Kurdnasab, de l'hebdomadaire "Karfto", a comparu à huis clos devant la première chambre du tribunal révolutionnaire de Sanandaj (Kurdistan iranien). Selon son avocat, Me Kourosh Fathi, le journaliste a appris lors de cette audience qu'il était accusé d'"espionnage", d'"action contre la sécurité nationale" et de "tentative de renversement du régime à travers ses activités journalistiques". Il a été interpellé le 21 juillet par des agents du ministère des Renseignements au siège du journal et détenu depuis à la prison de Sanandaj, sans droit de visite.

Par ailleurs, Ali Reza Jamshidi, porte-parole de l'Autorité judiciaire, a déclaré que le journaliste Soheil Assefi, collaborateur de plusieurs médias, dont le journal en ligne Roozonline ( http://www.roozonline.com ), était poursuivi pour "publication de fausses informations pouvant troubler l'opinion publique". Le journaliste avait été arrêté, le 4 août, après s'être présenté à une convocation du tribunal de Téhéran. Détenu dans le pavillon sécuritaire 209 de la prison d'Evin, il ne peut recevoir de visites de sa famille ou de son avocat. Son père, qui a pu le voir de loin à deux reprises alors qu'il se rendait à la prison pour des questions administratives, s'inquiète de la dégradation de son état de santé. Contactée par Reporters sans frontières, la mère du journaliste, Nahid Khirabi, a déclaré que son fils a dangereusement maigri et qu'il souffre de vertiges.

De son côté, la journaliste irano-américaine de Radio Farda, Parnaz Azima, a quitté l'Iran pour les États-Unis, le 18 septembre. Elle s'était vue confisquer son passeport par les autorités à son arrivée à l'aéroport de Téhéran, le 25 janvier, alors qu'elle rendait visite à sa mère malade. Les autorités iraniennes l'ont convoquée, le 4 septembre, pour lui rendre son passeport et l'informer qu'elle pouvait quitter le territoire. Selon son avocat, Me Mohammad Hossein Agassi, la journaliste est toujours poursuivie pour "action contre la sécurité nationale" du fait de sa collaboration avec la radio basée à Prague.

Enfin, le 18 septembre, le journaliste iranien Akbar Ganji a remis une lettre signée par plus de 300 intellectuels à Lynn Pascoe, secrétaire général adjointe du Département des affaires politiques des Nations unies, dans laquelle ils demandent une amélioration de la situation des droits de l'homme dans la république islamique. Noam Chomsky, Umberto Eco, Jurgen Habermass ou encore le philosophe canadien Charles Taylor font partie des signataires. Au même moment, un collectif de plus de 100 journalistes iraniens a publié un communiqué pour protester contre les "pressions illégales". Les directeurs de journaux ont déclaré qu'ils n'accepteraient pas "d'ordres des autorités judiciaires ou sécuritaires les obligeant à empêcher certains journalistes de travailler".

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