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La violence contre les voix critiques se poursuit, un an après des élections contestées

Un an après les élections controversées du 12 juin en Iran, le régime continue de resserrer son emprise et d'écraser méthodiquement la dissidence. Les membres de l'IFEX appellent le gouvernement iranien à libérer tous les journalistes et écrivains emprisonnés et à mettre fin à sa répression de la liberté de la presse et de la libre expression dans le pays.

Lorsque des milliers de personnes sont descendues dans les rues l'an dernier, demandant « qu'est-il arrivé de mon vote ? » et criant « menteurs », le régime a répondu par une vaste opération destinée à faire taire les protestations politiques, les journalistes critiques et les activistes, indique Reporters sans frontières (RSF). Pour souligner l'anniversaire, RSF et la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) viennent de lancer une campagne dans le but de faire libérer les nombreux journalistes réputés détenus depuis juin dernier.

Les autorités cherchent à saper les manifestations spontanées en supprimant les photos et les vidéos des manifestations. Les connections à l'Internet ont été ralenties et les sites web d'opposition sont censurés ou bloqués. Une fois expulsés les journalistes étrangers, les voix de l'opposition ont été systématiquement écrasées par le régime.

Au moins 170 journalistes et blogueurs ont été arrêtés au cours de la dernière année. Vingt-trois journaux ont été fermés et des milliers de pages web ont été bloquées. Les journalistes subissent des procès iniques, font des aveux sous la contrainte, sont torturés et violés en détention.

Les autorités exigent des journalistes des cautions exorbitantes, qui forcent les familles à s'endetter lourdement, dit RSF. Les autorités ont aussi dressé des listes de journalistes indésirables, que les journaux sont interdits de réembaucher; les postes vacants sont comblés par des membres de la Garde Révolutionnaire.

Selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et RSF, au moins 37 journalistes sont derrière les barreaux et 19 autres détenus sont en liberté provisoire à court terme. Un grand nombre d'entre eux subissent des pressions physiques et psychologiques extrêmes pour leur faire « avouer » des crimes qu'ils n'ont pas commis.

Les Iraniens sont beaucoup moins bien informés aujourd'hui qu'ils ne l'étaient il y a un an. « Les agents de sécurité ont convoqué beaucoup de journalistes pour leur dire qu'ils sont surveillés et qu'ils doivent être prudents », dit la journaliste iranienne Roxana Saberi sur le blogue du CPJ.

Human Rights Watch rapporte que « des journalistes, des juristes et de militants de la société civile, qui avaient l'habitude de parler aux médias étrangers et aux groupes de défense des droits de la personne, se montrent de plus en plus réticents à le faire, par crainte de la surveillance téléphonique et de l'Internet ». Une déclaration rendue publique par le système judiciaire iranien indique que 250 personnes ont été reconnues coupables de délits concernant les manifestations de protestation reliées aux élections. Deux dissidents ont été exécutés en janvier, tandis que d'autres ont vu la peine de mort prononcée contre eux être confirmée.

Le régime a condamné récemment la journaliste lauréate Jila Baniyaghoob à un an de prison et à un interdit d'écrire de 30 ans. Baniyaghoob a travaillé pour plusieurs journaux réformateurs. Elle a été récompensée en 2009 par l'attribution du prix international de la Liberté de la presse, décerné par les Journalistes canadiens pour la liberté d'expression (CJFE).
RSF rapporte que Narges Mohammadi, journaliste et porte-parole du Centre des défenseurs des droits de la personne, que dirige la lauréate du prix Nobel de la paix Shirine Ebadi, a été arrêtée le 12 juin.

Le correspondant canado-iranien de « Newsweek », Maziar Bahari, a été incarcéré pendant quatre mois l'an dernier et tabassé chaque jour de sa détention. Depuis sa remise en liberté et son retour à Londres, Bahari participe à une campagne internationale appelée « Notre société sera une société libre » animée par des membres de l'IFEX. Il a pris la parole publiquement à travers le monde pour promouvoir la libération des journalistes et des activistes emprisonnés en Iran. En mai, un tribunal révolutionnaire de Téhéran a condamné Bahari in absentia à 13 ans de prison et à 74 coups de fouet.

ARTICLE 19 s'est joint à Amnistie Internationale-Royaume-Uni, Human Rights Watch, Exiled Writers Ink, la Campagne internationale contre la violence, la Campagne Un million de signatures, Prisonniers d'opinion et Unis pour l'Iran pour organiser une semaine d'événements, « Unissons-nous pour l'Iran », pour faire en sorte de ne pas oublier la situation des droits de la personne en Iran et appuyer la liberté d'expression et d'information de chaque individu en Iran. Dans plus de 60 villes à travers le monde, des gens ont participé autour du 12 juin à des événements sans interruption.

Lors de la réunion du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, le 10 juin, l'Iran a rejeté les appels de la communauté internationale, y compris ceux des membres de l'IFEX, à respecter les droits de ses citoyens.

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