30 août 2004
Alerte
RSF lance un appel aux hautes autorités religieuses en faveur des journalistes français otages ; l'organisation appelle les médias arabes à relayer la mobilisation des musulmans en faveur des journalistes otages
Détails de l'incident
Georges Malbrunot, Christian Chesnot
journalist(s)
(RSF/IFEX) - Ci-dessous, deux communiqués de RSF datés du 29 août 2004 :
Reporters sans frontières lance un appel à la communauté des oulémas musulmans et au grand ayatollah Ali Sistani en faveur des deux journalistes français otages
Reporters sans frontières exprime sa très vive inquiétude après la revendication de l'enlèvement des deux reporters français George Malbrunot et Christian Chesnot par des hommes se réclamant de l'"Armée islamique en Irak". L'organisation est très préoccupée par l'imposition d'un ultimatum de 48 heures au gouvernement français, d'autant plus que ce groupe est responsable de l'exécution du journaliste Enzo Baldoni il y a quelques jours. Il est extrêmement choquant de voir des journalistes, civils protégés par les Conventions de Genève, utilisés dans un tel chantage. Reporters sans frontières réitère son appel aux plus hautes autorités religieuses irakiennes, notamment à la communauté des oulémas musulmans et au grand ayatollah Ali Sistani, pour que tout soit mis en oeuvre en faveur de la libération des deux journalistes français.
Le 28 août, la chaîne de télévision arabe Al Jazira a diffusé une bande vidéo montrant des hommes se réclamant de l'"Armée islamique en Irak". Ce groupe d'activistes irakiens détenant les deux reporters en otages a donné deux jours aux autorités françaises pour la levée de l'interdiction du port du foulard islamique. On y voit également les deux reporters français. Ils affirment être en bonne santé.
Christian Chesnot, pigiste de Radio France Internationale et de Radio France, et Georges Malbrunot, grand reporter au Figaro et à Ouest France, ont disparu le 20 août en Irak. Le journaliste italien Enzo Baldoni de l'hebdomadaire indépendant Diario della Settimana a été exécuté récemment par l'Armée islamique en Irak. Ce groupe exigeait le retrait des troupes italiennes d'Irak.
Reporters sans frontières appelle les médias arabes à relayer la mobilisation des musulmans en faveur des journalistes Christian Chesnot et Georges Malbrunot
De nombreuses institutions et personnalités musulmanes ont demandé la libération des deux reporters français dont l'enlèvement a été revendiqué le 28 août par l'"Armée islamique en Irak". Reporters sans frontières appelle les médias arabes à relayer le plus largement possible ces prises de position.
Le président du Conseil français du culte musulman, Dalil Boubakeur, a condamné cet acte "immoral et inqualifiable". Le président de l'Union des organisations islamiques de France, Lhaj Breze, a rejeté cette prise d'otage et a refusé "avec la plus grande fermeté à toute force étrangère le droit de s'immiscer de la sorte dans les relations de l'islam de France avec la République". Auparavant, le Comité des oulémas musulmans avait appelé à la libération des journalistes français. Par la voix de l'un de ses membres, Cheikh Abdessatar Abdeljawad, le comité a exhorté les ravisseurs à "sauvegarder notre amitié avec la France qui a une position opposée aux forces de l'occupation de l'Irak". De son côté, un porte-parole des Frères musulmans d'Egypte a condamné "l'enlèvement de civils, sous n'importe quel prétexte, notamment lorsque les problèmes soulevés ne concernent pas le pays où se déroule l'événement".
Reporters sans frontières exhorte les ravisseurs des deux journalistes français à entendre ces appels qui viennent de musulmans d'horizons très divers. L'organisation tient à souligner que George Malbrunot et Christian Chesnot sont deux journalistes fins connaisseurs du Moyen-Orient, respectueux de l'islam et qui ont toujours rejeté le sensationnalisme.
Le 28 août, la chaîne de télévision arabe Al-Jazira a diffusé une bande vidéo montrant Christian Chesnot, pigiste de Radio France Internationale et de Radio France, et Georges Malbrunot, grand reporter au Figaro et à Ouest France, qui expliquent être détenus par des hommes se réclamant de l'"Armée islamique en Irak". Ce groupe d'activistes irakiens a donné deux jours aux autorités françaises pour la levée de l'interdiction du port du foulard islamique. George Malbrunot et Christian Chesnot affirment être en bonne santé.