30 mars 2007

LE DÉCÈS DE DEUX AUTRES JOURNALISTES LE JOUR ANNIVERSAIRE DE L'INVASION DE L'IRAK PORTE À PRÈS DE 200 LE BILAN DES MORTS


Au quatrième anniversaire de l'invasion de l'Irak, deux autres journalistes ont été tués et le pays demeure le plus mortel du monde pour la presse, rapportent le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), Reporters sans frontières (RSF) et l'International News Safety Institute (INSI).

Le corps de Hamid al-Duleimi, producteur à la chaîne de télévision « al-Nahrain », a été identifié le 19 mars à la morgue de Bagdad. Il avait été enlevé deux jours plus tôt au moment de quitter les studios de la chaîne. Les rapports d'autopsie indiquent qu'il a subi des sévices.

Hussein al-Jaburi, rédacteur en chef du quotidien « al-Safir » a été pris le 11 février dans une embuscade à l'extérieur de chez lui à Bagdad. Il a été transporté dans un hôpital d'Amman, en Jordanie, pour y être traité, et il a succombé à ses blessures le 16 mars.

Selon l'INSI, un réseau mondial d'organisations de nouvelles et de défense de la liberté de la presse, les décès d'al-Duleimi et d'al-Jaburi portent à 187 au 20 mars 2007 le total des journalistes et des employés de soutien qui sont morts en essayant de couvrir la guerre en Irak. L'INSI recense toutes les pertes et toutes les causes des décès, que ceux-ci soient délibérés ou accidentels, lors d'activités de couverture.

Le bilan des morts des journalistes et d'autres travailleurs des médias s'est accru constamment depuis 2003, et s'est alourdi au cours de la dernière année, disent l'INSI, RSF et le CPJ. La plupart des journalistes décédés en 2003 étaient étrangers. Mais alors que le conflit se transforme de plus en plus en guerre civile, les pertes irakiennes ont commencé à augmenter, et représentent plus de 80 pour 100 de tous les décès dans les médias et près du tiers de tous les enlèvements. On est toujours sans nouvelles de Karim Manhal, un commentateur à Radio Dijla, enlevé le 18 mars, avec son chauffeur, Thamir Sabri, dans sa voiture, par quatre hommes armés à l'extérieur des studios de la station de radio.

D'après un rapport du CPJ, le meurtre est la première cause de décès chez les journaliste en Irak, dans une proportion de presque deux pour un; des dizaines de journalistes irakiens sont détenus par l'armée américaine, et au moins 14 journalistes ont été tués dans des incidents qualifiés de « tirs croisés »; la province de Bagdad est la plus dangereuse pour la presse; et le Réseau des médias irakiens, que dirige le gouvernement, subit le plus gros des pertes, avec 23 de ses journalistes et employés de soutien qui ont été tués.

Consulter les sites suivants :
- RSF, sur les meurtres et les enlèvements les plus récents : http://www.rsf.org/article.php3?id_article=21379
- Profil statistique des journalistes tués en Irak, dressé par le CPJ : http://www.cpj.org/Briefings/Iraq/Iraq_danger.html
- Précisions sur chacun des incidents mortels sur le site de l'INSI : http://www.newssafety.com/casualties/iraq.htm
(27 mars 2007)



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