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Un journaliste du Golan détenu depuis plus de deux semaines; la presse interdite d'évoquer l'affaire

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières demande la libération immédiate d'Ata Farahat, correspondant du quotidien "Al-Watan" et de la télévision publique syrienne dans la région du Golan (territoire annexé par Israël en 1981), détenu actuellement à la prison israélienne d'Al-Jalama (à 14 km au sud-est de Haifa). La justice a interdit aux avocats et à la presse d'évoquer cette affaire.

"Aucune explication n'a, à ce jour, été fournie par les autorités israéliennes concernant l'arrestation et le maintien en détention de ce journaliste qui ignore toujours les charges retenues contre lui. Ata Farahat doit-il son interpellation à sa collaboration avec des médias syriens? Cette éventualité ne peut être écartée pour le moment", a déclaré l'organisation.

"Par ailleurs, rien ne peut justifier l'interdiction de communiquer par voie de presse imposée par la justice aux avocats de la défense et aux médias en Israël qui suivent cette affaire. Nous demandons aux juges de mettre un terme à cette mesure de censure", a ajouté Reporters sans frontières.

Le 30 juillet 2007, des membres de l'unité des forces spéciales Yassam se sont introduits, vers trois heures du matin, au domicile du journaliste syrien Ata Farahat à Buqata (dans le nord du Golan). Après avoir mené une perquisition, les agents israéliens l'ont emmené vers une destination inconnue. Ata Farahat a déjà comparu à trois reprises devant un juge d'instruction de Tel-Aviv qui a renouvelé, chaque fois, la détention provisoire du journaliste.

Contacté par Reporters sans frontières, l'un des avocats de la défense, Me Majd Abou Saleh, n'a pu communiquer aucune information pour ne pas violer les dispositions de l'ordonnance du tribunal.

Pour Avi Weinberg, secrétaire général du Conseil israélien de la presse, ces décisions de justice sont en progression dans l'Etat hébreu. "Vu que la censure militaire officielle n'est pas très efficace, les tribunaux sont aujourd'hui utilisés pour limiter le travail des journalistes. À la demande du ministère public ou des forces de l'ordre, les juges accordent trop facilement le droit de limiter la couverture de certaines affaires", a déclaré M. Weinberg à Reporters sans frontières. Ces interdictions ont pu être levées dans le passé à la demande des médias.

Ata Farahat devrait comparaître de nouveau devant le tribunal le 22 août.

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