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Témoignage d'un journaliste à bord de la flottille

(RSF/IFEX) - Le 4 juin 2010 - Reporters sans frontières condamne l'utilisation faite par l'armée israélienne des images confisquées aux journalistes lors du raid contre la flottille humanitaire à destination de Gaza le lundi 31 mai 2010. Plusieurs vidéos ont été mises en ligne sur le site Youtube par Tsahal, décrites comme des "images saisies sur la flottille de Gaza". L'appropriation des vidéos et leur utilisation sans autorisation des rédactions constituent un manquement grave à la déontologie journalistique.

L'organisation retranscrit également le témoignage de Muna Shester, de KUNA (Kuwait News Agency), actuellement au Koweït, que l'organisation a jointe par téléphone vendredi 4 juin :

RSF: Comment s'est déroulée l'attaque ?

M.S. : Les hommes étaient sur le pont du bateau et les femmes en bas. L'attaque a commencé par le haut. Notre photographe de KUNA, Ali Abou Hamad, prenait des photos de l'assaut. Il n'a pas été agressé. Très vite, cela a été la panique et la confusion. Les cameramen ainsi que les photojournalistes et les correspondants ont fait l'objet de mauvais traitements parce qu'ils filmaient ou prenaient des photos du raid. Je me souviens d'un correspondant qui élevait la voix pour critiquer les méthodes des militaires. Il a été mis à l'écart et frappé. Nous pouvions entendre ses cris.

RSF : Avez-vous été identifiés comme journalistes ?

M.S. : Les journalistes de presse écrite n'étaient pas identifiés visuellement ; nous n'avions pas de gilet de presse. Toutefois, les journalistes des médias audiovisuels en portaient un. Ils étaient donc identifiables.

Les soldats nous ont ensuite regroupés au-dessus du bateau. Nous avons été fouillés et ils nous ont menottés. Nous avons été placés sous le soleil pendant 5 heures. Nous n'avions pas le droit d'aller aux toilettes.

RSF : Les soldats vous ont-ils empêché de travailler ?

M.S. : Oui bien sûr. En fait, quand nous avons été rassemblés sur le pont du bateau, on nous a interdit de reprendre nos affaires avec nous, sauf le passeport et notre argent. Nous n'avions plus nos portables et aucun moyen de communiquer ou de filmer. Ils nous ont promis de nous rendre nos affaires, mais ils nous ont menti.

RSF : Comment avez vous été traité dans le centre de détention de Be'er Scheva ?

M.S. : Nous avons été bien traités. Les soldats nous ont donné à manger. Toutefois on était un peu inquiet sur la suite des événements. J'ai été expulsé le 2 juin après deux jours de détention. On m'a renvoyée en Jordanie en bus et ensuite j'ai pris l'avion pour le Koweït.

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