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Un an après l'effondrement de Fukushima, les résidents sont maintenus dans l'ignorance à propos des retombées

Katsuo Takahashi for Human Rights Watch

Un an après l'explosion à la centrale nucléaire de Fukushima, Kiyomi Yokota reste inquiet pour la santé de ses deux filles, âgées respectivement de 3 et 8 ans. Lui et sa famille vivent à Koriyama, à 60 kilomètres environ de la centrale. Tandis que le personnel du service téléphonique d'urgence sur la radiation continue de l'assurer qu'« il n'y a pas de problème », les tests qu'il a réalisés lui-même révèlent des niveaux de radiation dangereusement élevés, rapporte Human Rights Watch.

Tout comme Yokota, de nombreux résidents de la Préfecture de Fukushima ne disposent toujours pas des renseignements de base et de réponses claires sur le niveau de radiation dans leurs aliments et dans l'environnement, indique Human Rights Watch dans un rapport multimédias rendu public à l'occasion du premier anniversaire des explosions.

« Un an après, les résidents de Fukushima ont le droit de savoir si les aliments qu'ils avalent sont sûrs et si leurs enfants continuent d'être exposés à des taux de radiation dangereux », dit Kanae Doi, directeur de Human Rights Watch au Japon.

Bien que l'explosion à la centrale de Daiichi soit considérée comme la plus grave crise de radiation survenue dans le monde depuis Tchernobyl, Human Rights Watch a documenté de nombreux cas de résidents locaux incapables de faire subir des tests à leurs enfants pour connaître leur degré d'exposition aux radiations, tandis que le gouvernement fournit des informations contradictoires concernant l'impact des radiations sur la santé humaine.

« Nous avons mesuré nous-mêmes le niveau de radiation de notre champ et de la maison, et c'est comme cela que nous avons pris compris à quel point le niveau de radiation était dangereux pour nous », dit Yokota.

Human Rights Watch a réalisé des entrevues avec des gens dans quatre villes situées autour de la zone d'évacuation obligatoire, pour vérifier leur accès à des soins médicaux et à des renseignements et aussi vérifier leurs conditions de vie et les conséquences sur leurs moyens d'existence.

La sécurité alimentaire était une importante source d'inquiétude pour les personnes interrogées, a constaté Human Rights Watch. Tandis que le gouvernement de la préfecture assurait les résidents que les aliments sont testés avant d'être apportés dans les marchés, il n'a pas établi de processus systématique pour mesurer les niveaux de radiation dans les aliments de la région et en communiquer les résultats au public, dit Human Rights Watch.

« D'un côté, le gouvernement annonce que l'eau du robinet est sans danger pour la consommation, et de l'autre il suggère que les enfants ne boivent que de l'eau en bouteille. Les parents ne peuvent obtenir de réponse claire sur le niveau de risque réel », indique Doi.

On estime à un trillion de yens (13 milliards $US) le coût des plans de décontamination des zones touchées, mais le gouvernement n'a pas établi de plan détaillé pour montrer où, quand et comment la décontamination aura lieu. Ces étapes sont considérées comme inadéquates par de nombreux résidents de Fukushima, qui demandent aussi des réparations pour leurs maisons et leurs gagne-pain perdus, et pour les dommages à leur santé.

Le tremblement de terre du 11 mars 2011 au large des côtes nord-est du Japon a créé un tsunami qui s'est abattu sur l'île. Le tsunami a coupé l'alimentation électrique à la centrale nucléaire Daiichi de Fukushima et a inondé les salles contenant les génératrices d'appoint d'urgence, ce qui a mené à la fusion du cœur des trois réacteurs qui ont libéré des radiations dans la communauté environnante.

Bien que le gouvernement ait annoncé que toutes les zones à l'extérieur de la zone d'évacuation étaient sûres, les officiels à Tokyo ont documenté à plus de 200 kilomètres de la centrale des niveaux élevés égaux à ceux de la zone d'exclusion.

Plutôt que d'affronter le gouvernement de face, la solution de Yokota consiste à déménager. « Je veux vraiment m'en aller d'ici parce que je m'inquiète du risque accru de maladies futures pour mes filles. J'aimerais m'échapper d'ici si j'ai assez d'argent », dit-il.
http://www.hrwnews.org/distribute/fukushima/

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