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RSF inquiète des propos du parlement jordanien appelant au "châtiment" des caricaturistes danois

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières a exprimé sa préoccupation suite à la publication d'un communiqué de presse du parlement jordanien, le 24 janvier 2006, appelant à "châtier" les auteurs de douze caricatures du prophète Mahomet, parues le 30 septembre 2005, dans le quotidien danois "Jyllands-Posten" et reprises le 10 janvier 2006 par le journal norvégien "Magazinet".

"L'islam proscrit la représentation du Prophète, et nous comprenons que ces caricatures puissent heurter la sensibilité de certains mais il n'est pas acceptable que le parlement d'un Etat qui se dit démocratique appelle au châtiment des dessinateurs. Tous ceux qui le souhaitent peuvent porter plainte contre le journal, mais en aucun cas des responsables politiques ne doivent appeler à des représailles directes contre des journalistes. Les dessinateurs ont déjà été menacés de mort et ces nouvelles déclarations les mettent en danger", a déclaré Reporters sans frontières.

Le parlement jordanien a estimé dans son communiqué que ces caricatures "constituaient un crime lâche et condamnable". Il a appelé les autorités norvégiennes et danoises à "exprimer leur condamnation et leur rejet de ce crime odieux et à châtier leurs auteurs et leurs commanditaires". Il a également appelé les "parlements, gouvernements et organisations de la société civile dans le monde musulman à prendre une position ferme face à ce mal qui heurte les sentiments de la nation arabo-musulmane".

Carsten Juste, rédacteur en chef de "Jyllands-Posten" avait, reçu plusieurs menaces de mort à la suite de la publication des caricatures en septembre 2005. Il avait décidé d'engager des agents de sécurité afin de protéger les journalistes de sa rédaction. Les deux dessinateurs menacés avaient été contraints de se cacher. Ces menaces ont été réitérées à l'encontre du magazine norvégien "Magazinet" après que celui-ci avait décidé de rééditer les mêmes caricatures.

Considérant ces dessins comme une insulte à l'islam et à son Prophète, les chefs religieux musulmans au Danemark avaient demandé au quotidien, le 6 octobre, le retrait des caricatures et des excuses officielles du journal. Carsten Juste avait refusé, déclarant "vivre dans une démocratie où la satire et la caricature sont généralement bien acceptées et où la religion ne doit pas fixer de limites à cela". Le 14 octobre, environ 5 000 musulmans avaient manifesté dans les rues de Copenhague contre ces dessins jugés "provocants" et "arrogants".

A cette même date, onze ambassadeurs de pays musulmans avaient demandé une entrevue avec le chef du gouvernement. Anders Fogh Rasmusssen refuse de les recevoir rappelant l'attachement de son pays à la liberté de la presse. Lors des voeux de la nouvelle année, il a affirmé que la liberté d'expression était "vitale", "absolue" et "non négociable" mais qu'il condamnait "toute forme d'expression, d'action ou de signes qui tenteraient de diaboliser un groupe de personnes sur la base de leur religion".

Un accord avait été conclu le 5 janvier 2006 entre le Danemark et la Ligue arabe afin de mettre fin à la controverse.

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