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La PAJ et Adil Soz renforcent la solidarité entre journalistes d'affiliations politiques opposées

Des journalistes kazakhs portaient des T-shirts et ont allumé des bougies pour exprimer leur solidarité et pour rendre hommage aux journalistes disparus.
Des journalistes kazakhs portaient des T-shirts et ont allumé des bougies pour exprimer leur solidarité et pour rendre hommage aux journalistes disparus.

Adil Soz

Les membres de l'IFEX en Asie centrale ont marqué la Journée internationale de solidarité des journalistes, le 8 septembre, par divers événements, dont une compétition sportive, un rapport sur la liberté de la presse et une cérémonie aux bougies afin de rendre hommage aux journalistes disparus. Au Kazakhstan, Adil Soz, la Fondation internationale pour la protection de la liberté de parole, a tenté d'unir lrd journalistes favorables au gouvernement et ceux de l'opposition et a mis les fonctionnaires au défi en publiant un dossier sur les attaques contre la presse. Au Kirghizistan, l'Association publique « Journalistes » du Kirghizistan (PAJ) s'est penchée elle aussi sur le renforcement des liens entre les journalistes favorables au gouvernement et ceux de l'opposition afin de contrer les divisions créées par les journaux alignés sur différents partis politiques.

Dans ces deux pays, les propriétaires des médias découragent les communications entre les journalistes qui travaillent pour l'État et ceux qui travaillent pour les journaux d'opposition.

À l'heure actuelle, le Kirghizistan est en transition, des élections parlementaires devant avoir lieu le 10 octobre. (L'actuelle Présidente détient le poste jusqu'en décembre 2011.) Comme le gouvernement du Kirghizistan est temporaire, il est difficile pour les journalistes d'établir une coopération à long terme avec des responsables du gouvernement pour les remettre en question et les instruire sur les droits des journalistes.

De plus, les récents affrontements ethniques dans le sud du pays ont miné la solidarité entre les journalistes - résultat de politiques gouvernementales qui ont créé les conditions du conflit ethnique. Autre défi : les fondateurs des médias sont soit des politiciens, soit des hommes d'affaires qui ont une orientation politique. « Pour eux, les médias sont des outils servant à la poursuite d'intérêts politiques », dit la PAJ, qui lance des appels à la solidarité, à l'unité et à la tolérance au sein de la communauté journalistique.

La PAJ a tenu une manifestation sportive où de nombreux journalistes venant de médias différents se sont rencontrés pour la première fois. Soixante-sept journalistes de 15 médias y ont assisté et 55 journalistes, hommes et femmes, ont participé aux compétitions. Des journalistes de divers médias se sont unis dans une même équipe pour concurrencer d'autres équipes de journalistes. Les gagnants ont reçu des ballons de volley-ball et de football.

Afin d'attirer davantage l'attention sur le droit des journalistes de pratiquer leur profession, les participants à l'événement ont reçu des gilets portant la mention « Press ». Auparavant, il n'y avait rien pour différencier les reporters des manifestants, de sorte qu'ils étaient facilement arrêtés et détenus.

Au Kazakhstan, Adil Soz a invité des fonctionnaires à une conférence de presse où on leur a remis un dossier contenant des statistiques sur les violations de la liberté de la presse, qui couvrait les difficultés d'accès à l'information, les poursuites judiciaires contre les journalistes et qui contenait la liste des journalistes kazakhs tués depuis 2002.

La journée a également été marquée par un message spécial créé par Adil Soz et relatant l'histoire de la Journée internationale de solidarité des journalistes, une analyse de la situation de la libre expression dans le pays et les noms des journalistes tués, qui doit de manière spécifique être publiée dans la presse écrite et électronique locale. Les chaînes de télévision ont couvert la conférence de presse.

Une cinquantaine de journalistes environ ont assisté à la conférence de presse donnée à Almaty, mais personne de la presse écrite et électronique d'État. Adil Soz a distribué des T-shirts sur lesquels il était écrit : « Nous sommes plus forts lorsque nous sommes unis », que les journalistes ont immédiatement commencé à porter. Ils ont aussi distribué des crayons portant le nom d'Adil Soz, afin de rappeler aux journalistes qu'ils sont toujours les bienvenus et qu'ils peuvent recevoir de son personnel un soutien juridique. « C'était une première étape pour favoriser la solidarité entre les journalistes », dit Adil Soz. On a aussi envoyé des T-shirts à des journalistes de divers médias pour qu'ils puissent eux aussi « se sentir unis et dans le coup ».

À la fin de la conférence de presse, les journalistes ont allumé des bougies et observé une minute de silence en hommage aux journalistes disparus.

La journaliste Zhanna Baytelova, qui travaille pour le journal « Respublika », a écrit que des membres en civil du service secret étaient présents.

On observe la Journée internationale de solidarité des journalistes en mémoire du journaliste tchèque Julius Fucik, exécuté par les nazis en 1943. La Journée sert aux journalistes à unir leurs forces pour exiger une plus grande protection de leurs droits.

Dernier Tweet :

We must urge gov’ts to protect #journalists and decrease #impunity, says IFEX’s @AnnieGame: http://t.co/rO65mtFlnu #EndImpunity