RÉGIONS:

Les membres de l'IFEX contribuent à faire sortir un rédacteur de prison

Le rédacteur indépendant Igor Vinyavsky, emprisonné pour des motifs d'ordre politique d'incitation à la haine au Kazakhstan, vient d'être libéré - en grande partie grâce aux efforts des membres de l'IFEX, rapporte la Fondation internationale Adil‑Soz pour la protection de la liberté de parole au Kazakhstan (Adil Soz).

Vinyavsky, rédacteur en chef de l'hebdomadaire « Vzglyad », l'un des rares journaux nationaux indépendants du Kazakhstan, a été libéré le 15 mars d'un centre de détention préventive d'Almaty.

Les services de sécurité du Kazakhstan ont déclaré que son arrestation le 23 janvier s'inscrivait dans le cadre d'une enquête criminelle sur l'incitation à la haine sociale pendant les événements survenus à Zhangaözen. Mais son inculpation portait sur des charges liées à des feuillets saisis près de deux ans auparavant, qui auraient consisté en appels au renversement violent de l'actuel gouvernement kazakh.

Vinyavsky purgeait une détention préventive de deux mois et était passible de sept ans de prison en cas de culpabilité.

Vingt-huit membres de l'IFEX, dont Adil Soz, ont fait parvenir en février au Procureur général de la République du Kazakhstan une lettre demandant la libération immédiate de Vinyavsky. Les membres de l'IFEX ont déclaré que les autorités utilisaient les charges comme tentative pour qu'il taise ses opinions critiques, et probablement aussi en représailles pour avoir couvert les violents affrontements entre des travailleurs du pétrole licenciés et la police, affrontements qui se sont déroulés en décembre 2011 à Zhangaözen.

« Grâce au travail inlassable et aux efforts conjoints des organisations internationales, Igor Vinyavsky a été libéré », dit Adil Soz.

Les violents affrontements survenus le 16 décembre entre la police et des civils dans la ville pétrolière de Zhangaözen, sur le site d'une grève des travailleurs du pétrole, ont fait 14 morts et entraîné des centaines d'arrestations. Toutes les communications avec Zhangaözen ont été coupées et certains sites web du Kazakhstan, dont Twitter, ont été bloqués pendant cinq jours à la suite de ces troubles.

Les autorités n'ont pas tardé à reprocher aux travailleurs du pétrole leur franc parler et aux activistes de l'opposition d'avoir organisé ou de s'être faits les instigateurs de la violence, ce qui pose la question de l'impartialité de l'enquête menée par les autorités. Hier a débuté le procès de 37 personnes accusées d'avoir organisé l'agitation de masse et d'y avoir participé, indique Human Rights Watch.

La libération de Vinyavsky survient le même jour où le Parlement européen a adopté une résolution critiquant les autorités kazakhs pour sa détention et celle d'autres activistes. Le Parlement européen a en outre répété que l'accès sans entraves à l'information et aux communications et l'accès non censuré à l'Internet « sont indispensables pour l'exercice des droits de la personne comme la libre expression et l'accès à l'information, ainsi que pour assurer la transparence et la reddition de comptes dans la sphère publique ».

Plus tôt, les autorités kazakhs avaient aussi commué la peine de six ans de prison de l'avocate syndicaliste Natalia Sokolova, la réduisant à une peine de trois ans avec sursis. Sokolova avait été inculpée d'« incitation à la discorde sociale » et de « participation active à des rassemblements illégaux » pour avoir appuyé les droits des travailleurs du pétrole, selon ce que rapporte Human Rights Watch.

Le directeur du Bureau international du Kazakhstan pour les droits de la personne et la primauté du droit, Evgeny Zhovtis, qui est aussi un défenseur des droits de la personne reconnu internationalement, a aussi bénéficié récemment d'une amnistie, indique Adil Soz. Zhovtis a passé deux ans et demi derrière les barreaux et il a été libéré le 17 février.

D'après Adil Soz, Vinyavsky, qui a été gracié mais non acquitté, dit que ses opinions concernant des réformes politiques n'ont pas changé. Son avocat affirme que la grâce ayant été accordée avant la tenue du procès, Vinyavsky n'aura pas de dossier criminel et peut donc poursuivre ses activités professionnelles.

Dernier Tweet :

Discotech hosted by @Info_Activism and @APC_News features Katitza from @EFF on circumvention is not a crime http://t.co/dXO65cPoUX