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Les médias empêchés de publier toute information sur un réseau d'espionnage iranien

(RSF/IFEX) - Le 4 mai 2010, le procureur général a interdit aux médias du pays de publier toute information sur l'enquête relative au réseau d'espionnage iranien démantelé le 1er mai dernier. Ce réseau d'espionnage comptait six Koweïtiens, deux apatrides employés par l'armée, ainsi que des ressortissants de différents pays arabes. Cette affaire avait été révélée par la presse.

Reporters sans frontières condamne cette décision. "Certes, la justice doit pouvoir faire son travail en toute sérénité. Cependant nous sommes en droit de nous interroger en quoi le travail d'une presse nuirait à cette sérénité. Cette interdiction constitue une entrave grave au travail d'investigation des journalistes, indispensable pour une presse de qualité dans un pays qui se veut démocratique", a déclaré l'organisation.

Le 1er mai 2010, les services de sécurité du Koweït ont démantelé un réseau d'espionnage qui recueillait des informations sur des cibles koweïtiennes et américaines pour le compte des Gardiens de la Révolution de la République islamique d'Iran.

Dans un communiqué publié le 4 mai, le procureur Hamed Saleh Al-Othman a interdit aux médias de publier toute information concernant l'enquête relative à cette affaire. Cité par le journal en ligne Al-Aan, le procureur explique qu'une telle interdiction est nécessaire pour "permettre à la justice de travailler en toute sérénité". Le procureur ajoute que "toute immixtion des médias dans cette affaire sera considérée comme un acte de soutien de ces mêmes médias à ce réseau qui menace la sécurité du Koweït".

Même si les médias en ligne ne sont pas concernés par cette interdiction puisque la Loi sur les impressions et la diffusion ne s'applique pas aux écrits en ligne, les sites d'informations ont décidé de se plier à cette décision. Al-Aan a ainsi publié le 6 mai un communiqué annonçant ne pas publier d'information relative à cette affaire. Sauf en cas de révélation de première importance.

Bien que l'Iran ait démenti toute implication dans cette affaire, la tension entre les deux pays a monté d'un cran lorsque des députés koweïtiens ont demandé aux autorités d'expulser l'ambassadeur iranien.

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