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UN ANIMATEUR DE LA RADIO EST INCULPÉ POUR AVOIR LU EN ONDES UNE LETTRE SUBVERSIVE

Un journaliste pigiste et président d'une organisation membre de l'IFEX, l'Institut des médias d'Afrique australe (Media Institute of Southern Africa, MISA), au Lesotho, risque au moins cinq ans de prison après avoir lu en ondes une lettre accusant de corruption le premier ministre, rapportent le MISA, Reporters sans frontières (RSF) et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

Thabo Thakalekoala a été arrêté par la police le 22 juin après avoir lu une lettre ouverte pendant son émission du matin à la radio, « Rise and Shine », à la station de radio privée « Harvest FM ». Selon RSF, la lettre, qui lui avait été transmise par des membres de la Lesotho Defence Force [Force de Défense du Lesotho], qualifiait le premier ministre de « dirigeant non désiré » et pressait le Commissaire de la Police de l'arrêter parce que, en tant que personne venant d'Afrique du Sud, il avait violé la loi en se portant candidat à une charge élective.

Le MISA rapporte que pendant sa détention, Thakalekoala a refusé de divulguer les noms des personnes qui lui avaient transmis la lettre, et qu'il a entamé une grève de la faim pour persuader le gouvernement du Lesotho de le relâcher ou, tout au moins, d'accélérer les procédures. D'abord accusé de haute trahison, il a ensuite été inculpé d'avoir « omis de rapporter une activité subversive », puis libéré sous caution le 25 juin, indique RSF.

Plus de 700 personnes se sont rassemblées à l'extérieur du poste de police pour protester pendant tout le week-end, et plus de 1000 personnes se sont réunies pour protester à l'extérieur du tribunal le jour de l'audience, dit le CPJ.

Pour Thabo Motlamelle, vice-président du MISA-Lesotho, le gouvernement a inculpé Thakalekoala pour pouvoir le tenir « hors circuit pendant quelque temps; plus tard, lorsqu'il s'est rendu compte qu'il ne pourrait pas obtenir sa condamnation, les accusations ont été retirées et il a été relâché ».

Toute la semaine dernière, le couvre-feu a été imposé dans la capitale du Lesotho, Maseru, à la suite d'une série d'attentats contre les domiciles d'importants politiciens. D'après le MISA, les ministres du gouvernement ont défrayé les manchettes dans le passé pour avoir vendu eux-mêmes pour quelques centaines de dollars des véhicules de luxe et pour s'être accordé à eux-mêmes des prêts sans intérêt. Les partis d'opposition sont aussi indignés de l'allocation de sièges au parlement en février dernier, en vertu d'un nouveau système électoral qui favoriserait le parti au pouvoir.

Consulter les sites suivants :
- MISA : http://tinyurl.com/2davpp
- RSF : http://www.rsf.org/article.php3?id_article=22694
- CPJ : http://tinyurl.com/2762px
- « Independent Online » (Afrique du Sud), « Curfew lifted in Lesotho » [Levée du couvre-feu au Lesotho] : http://tinyurl.com/ys4hh7
(26 juin 2007)

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