RÉGIONS:

Un autre journaliste est tué; d'autres encore sont détenus

Mohammed al-Nabbous, deuxième journaliste à être tué pendant le récent conflit en Libye
Mohammed al-Nabbous, deuxième journaliste à être tué pendant le récent conflit en Libye
Le fondateur d'une chaîne de nouvelles en ligne libyenne est devenu le deuxième journaliste à être tué dans le conflit qui embrase le pays, tandis que d'autres journalistes sont détenus dans le cadre des efforts de la Libye pour faire obstacle à la couverture du soulèvement, selon ce que rapportent le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), la Fédération internationale des journalistes (FIJ), l'Institut international de la presse (IIP) et Reporters sans frontières (RSF).

Mohammed al-Nabbous a été abattu le 19 mars par des tireurs embusqués dans la ville de Benghazi, dans l'est du pays, tandis que la ville était attaquée par les forces de Muammar Kadhafi. Al-Nabbou avait fondé la chaîne en ligne « Libya Al-Hurra » (Libye Libre), qui diffuse en direct des reportages et des commentaires politiques sur Internet depuis la mi-février, soit depuis le début du soulèvement. Son dernier reportage a été interrompu abruptement alors qu'il aurait apparemment été atteint par des tirs.

Un cameraman de la chaîne de télévision par satellite Al Jazira, Ali Hassan al-Jaber, a été le premier journaliste dont le décès a été rapporté dans le conflit le 12 mars lorsque son équipe a été coincée dans un guet-apens tendu par des éléments soupçonnés d'appartenir aux forces de sécurité pro-Kadhafi, sur une autoroute près de Benghazi. Un deuxième journaliste d'Al Jazira a été blessé.

Un certain nombre de journalistes sont également détenus ou ont disparu pendant le soulèvement. Quatre reporters du « New York Times » détenus pendant les combats sont entrés en Tunisie le 21 mars après que la Turquie eut contribué à obtenir leur remise en liberté, rapporte le CPJ. Deux reporters de l'Agence France-Presse et un photographe de l'agence Getty Images, qui étaient portés disparus depuis le 18 mars, ont été remis en liberté par le gouvernement le 23 mars, dit le CPJ.

Quatre journalistes d'Al Jazira, toutefois, arrêtés le 18 mars, sont toujours détenus. D'après Al Jazira, les familles de deux des employés détenus ont organisé des sit-ins devant les ambassades de leurs pays respectifs, l'Île Maurice et la Tunisie, afin d'exiger leur libération.

La chaîne de nouvelles basée au Qatar dit tenir le régime Kadhafi responsable de la sécurité et du bien-être des quatre journalistes et demande aux autorités de les libérer sans retard. La nouvelle de leur détention survient au moment où les forces américaines et européennes entreprennent des frappes aériennes contre les forces de Kadhafi afin d'imposer une zone d'exclusion aérienne conformément à une résolution des Nations Unies.

Et au moins six journalistes locaux, qui s'étaient prononcés d'une manière critique sur les politiques du gouvernement, demeurent portés disparus au milieu des conjectures, certaines voulant qu'ils soient détenus par les forces loyales à Kadhafi, indique le CPJ. Trois de ces six journalistes ont disparu peu après s'être entretenus en ondes avec Al Jazira. Des journalistes qui travaillent pour la BBC, le journal « The Guardian » de Londres et divers autres médias ont également été détenus pendant un certain temps avant d'être relâchés, précise le CPJ.

Depuis le début en février de la révolte en Libye, le CPJ a documenté plus de 60 attaques contre la presse. On compte deux décès, une personne blessée par balle, des détentions, des agressions, des attaques contre des installations de médias d'information, le brouillage des transmissions d'Al Jazira et d'Al-Hurra, l'obstruction et l'interruption de l'Internet.

L'International News Safety Institute (INSI), qui est un consortium d'organes d'information et de groupes de journalistes, suit de près l'évolution des conditions de sécurité et produit en temps opportun des avis.
Accéder à ces avis ici

Dernier Tweet :

@globalfreemedia @julieposetti you're quoted in our Storify The IFEX network on International Day to End Impunity http://t.co/JS5OCdx6ZY