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Un caricaturiste libéré sous caution mais se cache de crainte d'une nouvelle arrestation

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières dénonce le caractère liberticide de l'enquête pour "sédition" menée à l'encontre du caricaturiste Zunar et de son livre "Cartoon-o-phobia". Le dessinateur de presse a été interpellé le 24 septembre 2010, quelques heures avant le lancement public de son dernier livre qui rassemble des caricatures politiques mordantes. Zunar a été libéré sous caution le lendemain, mais selon l'un de ses proches contacté par Reporters sans frontières, il a décidé de se cacher de peur d'être de nouveau arrêté en vertu de la loi sur la sécurité intérieure.

Comment un livre de caricatures peut-il inciter à la sédition ? Certes, les dessins de Zunar sont parfois cinglants dans sa description des maux de la vie politique malaisienne, et notamment du parti au pouvoir, mais elles ne constituent en aucun cas des appels à troubler l'ordre public.

Nous condamnons fermement l'interpellation de Zunar et la perquisition menée dans les locaux de la maison d'édition Kinibooks à Kuala Lumpur. Reporters sans frontières demande au Premier ministre Najib Tun Razak, cible de plusieurs dessins de Zunar, d'intervenir afin que l'enquête de police qui vise le caricaturiste, son ouvrage et sa maison d'édition soit abandonnée. Mettre en péril de la sorte le dessin de presse serait un tournant très préoccupant pour la liberté de la presse en Malaisie.

Le 24 septembre, des policiers se sont présentés dans les bureaux de Zunar, de son vrai nom Zulkiflee Anawar Ulhaque, munis d'un mandat de perquisition. Ils sont intervenus moins de quatre heures avant le lancement officiel de son livre "Cartoon-o-phobia". Les policiers ont interpellé Zunar qui a été conduit dans sept commissariats successifs.

Les policiers ont saisi 66 copies de l'oeuvre, bien qu'il n'ait besoin que d'une copie pour mener leur enquête, comme l'a rappelé l'avocat du caricaturiste. "Je veux qu'on me rende mes livres", a déclaré Zunar à la presse à sa sortie du commissariat de Sepang.

Depuis sa libération le 25 septembre, Zunar a décidé de ne plus se rendre sur son lieu de travail, de peur d'être de nouveau interpellé.

Le lendemain, des policiers se sont présentés dans les locaux du site d'informations Malaysiakini qui héberge notamment Kinibooks, l'éditeur du livre. Munis d'un mandat de perquisition, les policiers ont tenté de saisir des copies de l'ouvrage. En vain. Un responsable de Kinibooks a expliqué à Reporters sans frontières que cette perquisition et cette enquête pour "sédition" étaient "sans précédent". Plus d'informations : http://www.malaysiakini.com/news/143611

Déjà en octobre 2009, le magazine lancé par Zunar avait été interdit.

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