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Un journaliste et sa famille sont tués au milieu d'attaques incessantes contre la presse

Un journaliste qui écrivait des articles sur la sécurité et le trafic de drogue a été tué le 20 juin avec sa femme et son fils photographe chez lui, dans la ville portuaire de Veracruz, dans l'est du pays, ce qui met encore une fois en lumière le cycle de la violence qui agite le Mexique, indiquent ARTICLE 19, la Société interaméricaine de la presse (SIP) et d'autres groupes membres de l'IFEX, qui appellent le gouvernement mexicain à prendre des mesures « concrètes ».

Miguel Ángel López Velasco, directeur adjoint du quotidien « Notiver » de Veracruz, sa femme, Agustina Solano, et leur fils Misael, 21 ans, ont été tués par des inconnus qui sont entrés chez eux par effraction aux petites heures du matin. Les deux autres enfants du couple ne vivent pas à la maison, selon ce que rapporte le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

Sous le pseudonyme de Milo Vela, López tenait dans le « Notiver », l'un des quotidiens au plus fort tirage de la région, une chronique qui se concentrait sur la corruption du gouvernement local, le trafic de drogue et la criminalité.

D'après ARTICLE 19, Misael était photographe et accompagnait parfois son père sur des scènes où entraient en jeu la police et la sécurité publique.

Dans des déclarations faites à la presse, le gouverneur de l'État, Javier Duarte, a promis une enquête approfondie et a souligné que l'État de Veracruz ne serait pas un refuge de l'impunité. Selon ARTICLE 19, toutefois, Veracruz n'est pas exactement un modèle à imiter; en mai 2006, le gouvernement de l'État a annoncé la création de la Commission d'État pour la Protection des journalistes, mais trois ans plus tard, Veracruz est l'État qui occupe le deuxième rang pour ce qui est du nombre le plus élevé d'attaques contre la presse. De plus, on estimait l'an dernier que dans la plupart des cas les attaques étaient le fait d'officiels du gouvernement.

Par ailleurs, un journaliste disparu en mars a été retrouvé le 1er juin enterré dans l'État de Veracruz, rapportent le CPJ, Reporters sans frontières (RSF) et le Comité des écrivains en prison du PEN International (WiPC). Noel López Olguín était connu pour ses articles dans lesquels il critiquait la corruption locale.

Les attaques contre la presse au Mexique en général se poursuivent sans relâche ces dernières semaines. D'après ARTICLE 19, juin est le mois le plus violent pour la presse jusqu'à maintenant cette année.

Le reporter de la scène policière Pablo Ruelas Barraza a été trouvé à Huatabampo, État de Sonora, le 13 juin, exécuté apparemment par deux hommes armés qui ont d'abord tenté de l'enlever, indique Reporters sans frontières (RSF). Selon les dépêches, il avait reçu des menaces de mort de groupes criminels et des autorités de l'État. Il avait été emprisonné pendant cinq ans pour des délits liés à la drogue, mais RSF a demandé aux autorités de ne pas écarter le rôle que ses reportages pourraient avoir joué dans son assassinat.

Le 7 juin, Marco Antonio López Ortiz, chef de la salle des nouvelles au journal « Novedades » de l'État de Guerrero, a été enlevé par des inconnus à Acapulco, un centre balnéaire et touristique devenu champ de bataille de gangs rivaux de trafiquants de drogue, rapportent ARTICLE 19 et le Centro Nacional de Comunicación Social (CENCOS). On ne sait toujours rien de ses allées et venues.

D'après des membres de l'IFEX, la violence liée à la drogue a fait du Mexique l'un des pays les plus dangereux du monde pour les journalistes. Le CPJ précise que 13 journalistes mexicains ont été tués depuis 2010, dont au moins trois en représailles directes à leur travail.

Les attaques coïncident aussi avec la publication d'un rapport du PEN Canada et du Programme international des droits de la personne (International Human Rights Program IHRP), de l'Université de Toronto, qui accuse le gouvernement mexicain d'être complice de crimes contre la presse dans un pays où à peu près 70 journalistes ont été tués depuis 2000. Le Mexique est pris dans la spirale de la violence depuis que le Président Felipe Calderón a lancé sa guerre contre la drogue en 2006. Près de 35 000 personnes, dont de nombreux reporters, ont perdu la vie depuis.

RSF demande quand le gouvernement fédéral appliquera la nouvelle entente sur la protection des journalistes signée en novembre 2010 avec les entreprises de presse.

Dans le même ordre d'idées, le CPJ a invité Calderón à tenir sa promesse de septembre 2010 de protéger les droits des journalistes et de faire du droit à la libre expression une priorité de son gouvernement. « L'avenir de la démocratie au Mexique est en jeu », dit le CPJ.

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