16 janvier 2001

LES MÉDIAS S?EFFORCENT DE JOUER UN RÔLE D?UNIFICATION DANS UNE SOCIÉTÉ PLURALIST


Le Centre du journalisme indépendant (IJC) du Nigéria rapporte que la nécessité, pour les médias, de servir d’agents d’unification dans les sociétés pluralistes et multiculturelles d’Afrique a été au cœur du congrès qui s’est tenu le mois dernier à Abuja, au Nigéria, sous le thème "Médias dans les sociétés pluralistes : Rôles, responsabilités et possibilités". Dans une démocratie nouvelle et fragile confrontée aux forces potentiellement fractionnelles que constituent la religion, les rivalités ethniques et le régionalisme, les congressistes ont affirmé que "les médias restent la seule institution capable d’unifier la population". L’IJC rapporte aussi que l’un des conférenciers à s’adresser au congrès, qui rassemblait des propriétaires et des administrateurs de médias, et des intervenants du milieu, le président de l’Open Society Institute, George Soros, a invité les médias à "contribuer à favoriser la coexistence harmonieuse entre les divers groupes du Nigéria". Le congrès, qui s’est tenu du 11 au 13 décembre, était organisé conjointement par l’IJC, l’Institut Panos et le New York University Center for War, Peace and the News Media [Centre de l’Université de New York sur la guerre, la paix et les médias d’information].

Entre-temps, les médias nigérians ont reçu éloges et critiques pour leur rôle depuis le début de la transition vers la démocratie, en mai 1999, rapporte un article de Kabir Alabi Garba publié le 1er janvier dans le journal nigérian "Guardian" et reproduit dans le bulletin de l’IJC, "Media Monitor". Garba constate que "pour la première fois en près de deux décennies, les médias nigérians ont fonctionné pendant douze mois d’affilée en régime démocratique". On a enregistré de nombreuses plaintes à propos de reportages irresponsables et dépourvus d’éthique, non seulement de la part de responsables du gouvernement, mais aussi de certains journalistes. Entre autres causes d’inquiétude que cite Garba, on note l’existence d’un "journalisme tribal" reflétant des partis pris ethniques et exprimant la perception de déséquilibres régionaux dans la couverture des nouvelles. L’article cite néanmoins les éloges adressés par une organisation non gouvernementale du Nigéria, Media Rights Agenda, pour le rôle que jouent les médias afin de "favoriser l’obligation de la démocratie à rendre des comptes", ainsi qu’un sondage d’opinion qui indique qu’une majorité de Nigérians, surtout ceux de la région Sud-Sud, sont satisfaits du comportement des médias depuis mai 1999.

Avant le retour à la démocratie, le Nigéria était considéré comme l’un des pires endroits du monde où être journaliste, et les journalistes nigérians jouaient un rôle clé dans la lutte en faveur de la démocratie. Les conditions de la liberté de la presse se sont améliorées, mais d’importantes violations y sont toujours commises, comme l’agression perpétrée dans l’État de Kano le 7 janvier contre le correspondant de la Voix de l’Amérique Mallam Mohammed Ahmad Kwallam, agression au cours de laquelle il a été grièvement blessé, d’après un rapport de la Fédération internationale des journalistes (FIJ).



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